Étudiants étrangers : explosion des droits d’inscription

05 Décembre 2018

Au cri de « Mêmes études, même droits », plusieurs centaines de personnes ont manifesté dans une dizaine de villes en France, samedi 1er décembre.

Le 19 novembre dernier, le Premier ministre Édouard Philippe avait annoncé une augmentation vertigineuse des frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union européenne dans les universités et les grandes écoles. Dès la rentrée prochaine, les 100 000 étudiants non européens paieront des frais d’inscription annuels de 2 770 euros pour la licence, au lieu de 170 aujourd’hui, et de 3 770 euros pour le master et le doctorat (respectivement 243 et 380 euros aujourd’hui). Cette mesure s’appliquera aux étudiants déjà en France s’ils entament un nouveau cycle.

Le gouvernement a osé présenter cette mesure dans le cadre d’un plan, baptisé « Bienvenue en France », destiné à faire venir 500 000 étudiants étrangers. C’est évidemment aux enfants de riches qu’il souhaite la bienvenue, en multipliant par seize les frais d’inscription. En revanche, cela obligera les moins fortunés à renoncer à des études en France, ou à les interrompre.

Les jeunes originaires d’Afrique du Nord et de l’Ouest, Maroc, Algérie, Tunisie, Sénégal, Côte d’Ivoire, qui représentent actuellement la majorité des étudiants étrangers, seront invités, s’ils ne sont pas fortunés, à rester étudier dans leur pays. Beaucoup d’entre eux ne pourront sans doute pas poursuivre leurs études dès l’an prochain.

En effet le gouvernement a déclaré vouloir faire venir des étudiants de pays non francophones. « Étudiants indiens, russes, chinois seront plus nombreux et devront l’être », a ainsi déclaré Macron en mars dernier, façon d’indiquer que les étudiants du continent africain le seront moins.

Le gouvernement assume son choix au nom du « rayonnement de la France » en ciblant, dans sa campagne « Choose France », uniquement les pays non francophones. De leur côté, les populations des anciennes colonies françaises n’ont pas choisi, mais elles ont dû subir, pendant des décennies, massacres et pillages dans leur chair pour avoir l’insigne privilège d’appartenir à la francophonie. Mais aujourd’hui, le gouvernement compte bien davantage sur le soutien militaire aux dictatures en place, pour y assurer le rayonnement des affaires des Bolloré, Dassault ou Vinci, que sur la présence de leurs étudiants dans les campus de l’Hexagone.

Christian BERNAC