Dis-moi qui Marine Le Pen protège...

05 Décembre 2018

Marine Le Pen a déclaré soutenir depuis le début le mouvement des gilets jaunes contre les taxes. Le journaliste Jean-Jacques Bourdin, qui l’interrogeait, lui a alors demandé si elle soutenait toutes les revendications des gilets jaunes, y compris l’augmentation du smic.

Mais, visiblement, Le Pen ne conçoit d’augmentation du pouvoir d’achat que si elle ne coûte rien aux employeurs. Elle répète donc la proposition déjà faite lors de sa campagne électorale : verser aux salariés tout ou partie de la part jusque-là dévolue aux cotisations sociales, soit 25 % du salaire brut.

La démagogie lepéniste s’arrête donc là où commencent les intérêts patronaux. Pour les salariés, cette mesure reviendrait à se payer une augmentation avec l’argent mis de côté pour la retraite ou en cas de maladie. Car ces cotisations servent à abonder les caisses de retraite, de maladie, de chômage, etc., qui seraient immédiatement ruinées par le transfert proposé par Le Pen. Pas à court d’idées fumeuses, cette dernière propose alors de compenser le trou dans les caisses sociales par un impôt de 23 % sur les produits importés. Mais qui donc en subirait les conséquences en termes de pouvoir d’achat ? Les travailleurs, bien évidemment, qui verraient les prix à la consommation augmenter d’autant.

Il ne ressort des élucubrations lepénistes que la volonté de ne pas toucher à un centime des profits patronaux, fruits de l’exploitation des salariés, ce qui est précisément le fond de sa politique.

P. G.