Septembre 1938, la fondation de la Quatrième Internationale

12 Septembre 2018

Le 3 septembre 1938 était proclamée la naissance de la Quatrième Internationale, avec pour texte fondateur le Programme de Transition, rédigé par LéonTrotsky. Dirigeant de la Révolution russe aux côtés de Lénine, irréductible opposant à Staline qui avait éliminé tous ses adversaires, en particulier ceux de l’Opposition de gauche, Trotsky restait le seul dirigeant capable de donner des perspectives révolutionnaires aux militants de la classe ouvrière et aux travailleurs de tous les pays.

Non que la révolution lui semblât imminente. Sursaut de juin 1936 vite retombé en France, victoire de Franco en Espagne, fascistes et nazis au pouvoir en Italie et en Allemagne : les travailleurs, les populations, étaient partout attaqués, ou écrasés. Aucun des partis se réclamant de la classe ouvrière ne lui avait proposé autre chose que l’unité avec les partis bourgeois et les illusions du Front populaire. La défaite sans combat du Parti communiste allemand devant Hitler en 1933 avait démontré qu’il n’était plus possible de redresser ni la Troisième Internationale ni ses sections nationales. Il fallait en créer d’autres.

Dans ce monde miné par la crise de 1929, plongé en plein chaos économique et politique, en marche vers la guerre, Trotsky tentait de regrouper des militants autour d’un programme condensant les principes et les acquis des bolcheviks, les seuls à avoir mené jusqu’au bout leur politique révolutionnaire. « En partant des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvrière », ce programme et ces revendications transitoires visaient à faire le lien entre les luttes quotidiennes des travailleurs et le combat pour la prise du pouvoir par le prolétariat.

Aujourd’hui encore, le monde capitaliste est en crise : les guerres, la misère croissante ou l’inflation galopante jettent des peuples entiers sur les routes. Même dans les pays développés, la classe dominante ne se maintient qu’en pressurant toujours davantage les travailleurs. Et les revendications transitoires restent d’actualité : l’échelle mobile des salaires pour résister à l’inflation, l’échelle mobile des heures de travail contre le chômage, le contrôle ouvrier sur les entreprises, l’abolition des secrets bancaire et commercial sur les affaires d’une bourgeoisie incapable de contrôler son propre système.

Le Programme de Transition de la Quatrième Internationale reste le seul programme marxiste, révolutionnaire, qui propose, non un catalogue de revendications économiques, mais une perspective de lutte politique fondée sur la conviction que seule la classe ouvrière peut renverser le capitalisme et transformer la société à l’échelle mondiale. C’est ce programme que les militants révolutionnaires doivent continuer à défendre et que les travailleurs devront mettre en avant quand ils reprendront le chemin de la lutte, jusqu’au moment où, comme l’exprimait déjà un des textes des premiers congrès de l’Internationale communiste, « la classe ouvrière prendra conscience de cette vérité que, si elle veut vivre, le capitalisme doit mourir. »

Sylvie MARÉCHAL