Métro ligne 12 : la RATP se lave les mains des agressions

29 Août 2018

Le 10 août dernier, suite à la présence d’un colis suspect, les métros de la ligne 12 laissaient les voyageurs à la station Jules-Joffrin et faisaient demi-tour. Pour mieux surveiller le quai noir de monde, la conductrice a dû ouvrir sa porte de cabine. C’est ainsi qu’elle a été agressée par un voyageur qui exigeait que le métro continue sa route.

Il a forcé l’entrée de la cabine de conduite, a menacé de mort la conductrice et a même essayé de faire repartir le métro ! C’est finalement un autre voyageur qui l’a fait sortir. La salariée a été d’autant plus choquée que, deux jours plus tôt, un voyageur était mort d’un coup de couteau dans un bus, porte de Clignancourt, à deux pas de là.

Dans ces circonstances, la direction a jugé que le plus urgent était de faire continuer à rouler les trains, dans une station où se trouvait toujours l’agresseur. La police, qui n’a pas jugé utile de se déplacer, a refusé de recevoir la plainte de l’agent RATP, qui n’a pu déposer qu’une main courante.

Depuis des années, dans le nord du métro parisien, la présence permanente de toxicomanes pose des problèmes de sécurité pour les salariés de la RATP, les voyageurs et les toxicomanes eux-mêmes. Les conducteurs de la ligne 12 ont d’ailleurs fait grève en janvier dernier, et obtenu quelques moyens supplémentaires. Mais la situation perdurait et faisait craindre à tous, un jour ou l’autre, un incident grave.

Il n’est sans doute pas à la portée de la RATP de régler tous les problèmes de toxicomanie sur le réseau, mais la sécurité de tous peut largement être améliorée. Cela passe par plus de personnel, et pas seulement des agents de sécurité, aussi bien en station que dans les trains. Malgré des bénéfices record l’an dernier, la régie fait exactement le contraire. Elle teste en ce moment sur la ligne 6 des stations sans agent, et la panne de cet été sur la ligne 1, où de nombreux voyageurs se sont retrouvés seuls dans les tunnels en pleine canicule, montre ce que pourrait donner son rêve de métros sans conducteurs en cas de problème.

La réaction, ou plutôt l’absence de réaction de la direction comme des policiers, fait beaucoup discuter parmi les conducteurs. Cela renforce l’idée que seules leurs réactions collectives pourront assurer leur sécurité et celle des voyageurs.

Correspondant LO