Migrants – Nantes : manifestation de solidarité

08 Août 2018

Samedi 4 août, plusieurs centaines de personnes ont manifesté à Nantes, malgré un soleil de plomb, contre l’expulsion des réfugiés de chaque endroit où ils trouvent un refuge.

Ainsi en juin, les migrants étaient évacués manu militari d’un immense immeuble inoccupé, et destiné à le rester. Fin juillet, sur décision de la préfecture, ils ont été à nouveau chassés d’un square qu’ils occupaient au centre-ville de Nantes. Ils ont alors trouvé refuge dans un lycée d’où la maire PS a demandé et obtenu leur expulsion début août. Au cours de la manifestation, de nombreux réfugiés, entre autres soudanais ou éthiopiens, ont pris la parole, indignés du sort qui leur est réservé alors qu’ils ont fui des pays en guerre.

Ni la préfecture, ni la municipalité ne veulent proposer des solutions d’hébergement. Leur objectif est de précariser autant que faire se peut ces réfugiés et de leur faire savoir qu’ils ne sont pas les bienvenus à Nantes. Dans la presse, les représentants des pouvoirs publics ont expliqué que les associations d’aide sont localement trop actives et que cela finit par se savoir. Ils veulent donc supprimer « l’appel d’air » que cela créerait prétendument vers la région ! La préfecture a même refusé les quelques dizaines d’hébergements proposés par les églises catholiques et protestantes.

C’est donc la population qui vient en aide à ces migrants, pour leur trouver des squats ou pour les nourrir. Des salariés travaillant dans l’agroalimentaire mais aussi des petits commerçants participent à la solidarité. Des militants ont pu mettre en place une « autre cantine » qui en un mois a fourni plus de 15 000 repas, sans un centime d’argent public.

Les manifestants ont scandé « Un logement c’est un droit ! », mais aussi les noms de nombreux endroits de Nantes inoccupés et qui pourraient accueillir ceux qui vivent dans la rue. Récemment, dans un communiqué, les facteurs CGT du centre-ville ont déclaré que si la direction de La Poste et le gouvernement levaient le secret professionnel, on ne mettrait pas longtemps à lister tous les logements vides de ce secteur qui peuvent être réquisitionnés ! En fait, le problème du logement est loin de ne concerner que les réfugiés.

À Nantes des milliers de personnes sont mal logées à cause du montant des loyers et du manque d’habitations à loyers modérés. Il s’y s’ajoute 6 000 personnes ou familles, répertoriées par le centre d’action sociale de Nantes qui, en l’absence de domicile fixe, viennent chercher le courrier à un guichet dédié de La Poste.

Cette manifestation aura aussi été l’occasion de mettre tous ces problèmes sur la place publique.

Correspondant LO