Suppression de l’exit tax : petit cadeau entre riches

08 Mai 2018

Dans une interview au magazine d’affaires américain Forbes, Macron a annoncé la suppression prochaine de l’exit tax, un impôt que payent quelques centaines de patrons parmi les plus fortunés.

Cette taxe avait été mise en place sous Sarkozy en 2011. Elle prétend viser à dissuader l’évasion fiscale, en taxant les patrons qui organisent la vente de leur entreprise pour transférer son activité à l’étranger pour bénéficier d’une imposition plus favorable.

Devant les réactions, le gouvernement s’est justifié en arguant du fait que l’exit tax ne rapportait finalement pas grand-chose à l’État. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a avancé le chiffre de 70 millions par an. Mais, si cet impôt ne rapporte pas plus, c’est qu’il était assorti d’une série de mesures permettant à de nombreux contribuables visés d’y échapper ou de l’adoucir. En le supprimant complètement, le gouvernement leur facilite la vie : il leur sera encore plus facile de payer moins d’impôts.

Et force est de constater que, si le gouvernement renonce sans état d’âme à 70 millions annuels pour en faire cadeau à des personnes sans aucune difficulté financière, il n’a même pas accordé cette somme aux Ehpad en grève contre le manque de moyens, qui n’ont reçu qu’une rallonge de 50 millions.

L’interview de Macron a été publiée le 1er mai, alors que des milliers de salariés manifestaient dans tout le pays contre la politique de son gouvernement. Cette annonce et le choix de la date constituaient un geste politique et une provocation évidente. De quoi donner encore plus de raisons de manifester contre ce gouvernement.

Gaëlle Regent