Non à l’expulsion de Moussa Camara !

08 Mai 2018

Moussa Camara, un demandeur d’asile guinéen, est aujourd’hui menacé d’expulsion de France. Le gouvernement voudrait le renvoyer dans son pays, où il court des risques mortels à cause de son homosexualité.

En Guinée, l’homosexualité est légalement punie de plusieurs années de prison. Mais l’incarcération n’est même pas le plus grand risque. Les homosexuels sont régulièrement la cible d’agressions mortelles de la part de fanatiques embrigadés par les religieux. Moussa affirme, par exemple, que son compagnon a été brûlé vif sous ses yeux.

Ayant vu sa demande d’asile rejetée, Moussa avait été placé en centre de rétention et embarqué de force dans un avion le 29 avril. Plusieurs passagers s’étaient alors opposés au décollage, ainsi que le pilote. Une nouvelle tentative d’expulsion, le 3 mai, avait également échoué, Moussa refusant d’entrer dans l’avion. Ces refus d’expulsion ont conduit Moussa devant le tribunal, qui doit rendre son verdict le 12 juin.

Cette affaire est significative de ce que le gouvernement entend par « droit d’asile ». Alors que celui-ci devrait être accordé à toute personne menacée dans son pays d’origine en raison de ses convictions politiques, religieuses ou de son orientation sexuelle, seules un tiers des demandes ont donné lieu en 2017 à l’octroi du statut de réfugié. Il faut en effet fournir des preuves, ce qui est difficile quand on s’enfuit pour un voyage périlleux vers les pays riches, et que l’on tient d’autre part à protéger ses proches restés au pays.

Le gouvernement prétend faire la distinction entre les réfugiés, qui auraient le droit de s’installer en France, et les migrants économiques qui en seraient privés. Cela est déjà scandaleux, car les uns comme les autres devraient avoir la totale liberté de circulation et d’installation. Mais ce qui arrive à Moussa Camara montre que, dans bien des cas, le droit d’asile est un mot creux.

Daniel MESCLA