États-Unis : Trump, “menteur professionnel” et sans vergogne

08 Mai 2018

Vendredi 4 mai, s’adressant au congrès de la National Rifle Association (NRA), l’association qui promeut les armes à feu aux États-Unis, Trump l’a assurée de son soutien au deuxième amendement de la Constitution qui garantit le droit des Américains à porter des armes.

Trump a même affirmé que l’attaque au Bataclan, le 13 novembre 2015 à Paris, aurait été mise en échec si les spectateurs avaient été armés – le tout en mimant de façon grotesque les assaillants. Il a également stigmatisé la ville de Londres pour son nombre élevé de meurtres à l’arme blanche, évoquant un hôpital devenu « une zone de guerre où l’on trouve d’horribles blessures d’attaques au couteau ». Au point que les gouvernements français et britannique se sont sentis tenus de protester.

Les violences meurtrières ont d’abord des causes sociales, qui ne se résument pas à la vente libre des armes automatiques. Mais les tueries de masse sont moins fréquentes en France ou en Grande-Bretagne, où la vente d’armes est strictement réglementée, qu’aux États-Unis où, depuis 2013, quelque 1 900 personnes auraient été victimes de telles tueries. Mais là n’est pas le problème du démagogue Trump. Au mois de février, après la tuerie survenue dans un lycée à Parkland, en Floride, où quatorze adolescents et trois adultes avaient été tués par un fanatique, la jeunesse s’était massivement mobilisée contre la vente libre des armes à feu. Trump avait alors appelé à des restrictions et il avait critiqué le laxisme de certains membres du Congrès. Aujourd’hui, alors qu’approchent des élections de mi-mandat au mieux incertaines pour son camp, Trump tient un tout autre discours, flattant sa base électorale… et ses bailleurs de fonds.

La NRA revendique cinq millions de membres et bénéficie du financement des entreprises qui vendent des armes, un secteur qui brasse plus de dix milliards par an. Au cours de la campagne présidentielle de 2016, cette association avait été un des principaux soutiens financiers de Trump. Et localement, elle appuie de nombreux candidats, républicains ou démocrates, qui s’engagent pour la liberté du port d’armes, attaquant en revanche ceux qui se disent favorables à des restrictions.

Une partie de la jeunesse n’accepte plus la violence aveugle de la société américaine, et c’est tant mieux. Un des lycéens de Parkland a dit de Trump que « c’est un menteur professionnel ». Cela est vrai de tous les présidents, pour ne parler que des américains, et a fortiori d’un démagogue réactionnaire et sans scrupules comme Trump.

Michel BONDELET