Élections : le chouchou des patrons

08 Mai 2018

Avant d’être le président des riches, Macron fut sans conteste un candidat des riches. C’est ce que révèle une étude de ses comptes de campagne relayée par les médias.

Macron a déjà été le plus dépensier des onze candidats, avec un montant de 16 698 320 euros, devenus 16 578 781 euros après que la Commission de contrôle des comptes de campagne (CNCCFP) a rejeté un certain nombre de dépenses jugées inacceptables. Mais ce n’est ni cette broutille d’une centaine de milliers d’euros de différence ni les 87 000 euros de dons non conformes qui auraient pu empêcher la CNCCFP de valider les comptes de Macron, personne ne voulant prendre le risque de voir ces élections annulées !

L’examen des dépenses a relevé aussi d’autres irrégularités qui ressemblent fort à des dons déguisés, la loi imposant un certain plafond pour ceux-ci. Ainsi, Macron a bénéficié de remises allant de 36 à 50 % sur des locations de salles ou de barrières pour des meetings, le tout pour plus de 200 000 euros. Interrogés par la Commission de contrôle, les généreux patrons de l’événementiel concernés ont affirmé la main sur le cœur qu’il ne s’agissait que de pratiques commerciales ordinaires visant à fidéliser des clients.

Mais avant de dépenser ces millions, il avait bien fallu les trouver. Une année avant l’élection présidentielle, l’équipe de Macron a multiplié les rencontres et les dîners fins arrosés au champagne auprès d’un monde de nantis de tout poil : avocats, artistes, hommes d’affaires, une bonne trentaine de grands patrons, industriels et grosses fortunes tels que Bernard Arnault, Bolloré père et fils, Patrick Drahi, Gattaz, Parisot, etc., ainsi que plusieurs banquiers d’affaires. Bien pratique lorsque l’on cherche à emprunter pour financer une campagne électorale.

Que Macron, encore un inconnu il y a quelques années, ait réussi à se faire connaître politiquement à coups de millions n’est certes pas une nouveauté, mais chaque révélation prouve, s’il en était besoin, combien il est lié au monde de l’argent.

Marianne LAMIRAL