Col de l’Échelle : réactions contre l’extrême droite xénophobe

25 Avril 2018

Au col de l’Échelle, dans les Hautes-Alpes, des militants d’extrême droite ont déployé samedi 21 et dimanche 22 avril une banderole hostile aux migrants.

Cherchant à faire parler d’eux à l’occasion du vote à l’Assemblée nationale du projet de loi asile et immigration, des membres de Génération identitaire venus de plusieurs pays se sont rassemblés à ce col où, avec du grillage de chantier et des pieux, ils ont reconstitué un poste frontière. Ils ont annoncé leur intention de surveiller le passage d’éventuels migrants à l’aide de deux hélicoptères loués.

Pendant une grande partie de la journée, Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur, est resté totalement silencieux. Il s’est finalement contenté de dénoncer les gesticulations de ces nazillons sans envoyer les policiers, nombreux dans la région, pour les déloger. Ce ministre n’a pas la même retenue quand il s’agit de s’en prendre à des personnes qui viennent en aide aux migrants.

Sur place, la population, elle, s’est indignée. Un rassemblement spontané a eu lieu devant le refuge de Briançon. L’association Tous migrants a dénoncé « l’ignominie de cette organisation et tous les appels à la haine et au racisme. » Lundi 23 avril, alors que les militants d’extrême droite redescendaient du col, une contre-manifestation, appelée « traversée solidaire », composée de 300 ou 400 manifestants désirant réagir contre l’extrême droite et aider les migrants, est partie de Clavière en Italie et a traversé le col de Montgenèvre, traversant les pistes de ski. Cette fois les gendarmes étaient là nombreux pour leur barrer la route. La manifestation a quand même réussi à passer et à rejoindre Briançon. Mais six manifestants ont été arrêtés et placés en garde à vue.

Non seulement le gouvernement a laissé parader une poignée d’activistes d’extrême droite, mais en plus il cède à la pression en annonçant l’envoi d’un escadron de gendarmes et d’une demi-compagnie de CRS ainsi qu’un renforcement des contrôles autour de Briançon. Heureusement, ceux qui ont témoigné leur solidarité avec les migrants ont bien l’intention de continuer.

Antoine FERRER