Bicentenaire de la naissance de Karl Marx : l’avenir appartient au communisme

25 Avril 2018

À lire les magazines et numéros spéciaux, Karl Marx ferait son retour deux cents ans après sa naissance. Qualifié aujourd’hui d’« irréductible » (Le Monde, hors série), « incontournable » (Alternatives économiques), « coup de jeune » (L’Humanité), le vieux révolutionnaire fut pourtant ignoré et plus souvent encore calomnié de son vivant par la presse conformiste.

La vie de Marx est désormais racontée dans le détail, placée comme le veut la vérité historique sous le signe de l’engagement militant, de la foi révolutionnaire et d’un travail de chaque instant pour donner des armes politiques aux travailleurs. Ses idées sont exposées et discutées. Son amitié avec Engels, compagnon de combat de toute une vie, sa famille, maintes fois bouleversée par les nécessités révolutionnaires, sont décrites sans mensonges et assorties d’une iconographie soignée. Ses œuvres sont même citées assez longuement pour que le lecteur ait un aperçu de quelques-unes de ses idées. La question de l’actualité de Marx est une nouvelle fois posée par les commentateurs. Les réponses sont variées et dépendent naturellement de celui qui répond.

Alors, que demander de plus à ces commémorations de la presse bourgeoise et des universitaires classés à gauche ? Rien, en fait, car la société en place et les intellectuels à son service sont incapables de saisir et encore moins d’exprimer l’apport essentiel de Marx au mouvement ouvrier.

Pour décrire cet apport, Rosa Luxemburg, militante révolutionnaire et disciple de Marx, écrivait en 1903 qu’il avait donné « l’explication scientifique des bases objectives de la révolution socialiste ». Les tendances naturelles de la société moderne, la socialisation de plus en plus poussée et internationale de la production, la concentration de la propriété en un nombre décroissant de mains, l’augmentation constante du nombre de prolétaires sur la planète, conduisent inéluctablement à l’expropriation des capitalistes et à la construction d’une société communiste. C’est cette conviction, étayée par la démonstration de Marx, confirmée par l’histoire mondiale des cent cinquante dernières années, qui guide l’activité des marxistes, c’est-à-dire des militants révolutionnaires du mouvement ouvrier. C’est elle, souvent synthétisée dans l’expression « avoir confiance dans la classe ouvrière » qui a donné à Lénine et au parti bolchevik l’audace nécessaire en octobre 1917. C’est cette idée, passion révolutionnaire et démonstration scientifique mêlées, qui a fait écrire à Rosa Luxemburg, la veille de son exécution en janvier 1919, « demain la révolution se lèvera avec fracas » en affirmant « j’étais, je suis, je serai ». C’est cette conviction même qui faisait écrire à Trotsky, au soir de sa vie, exilé et pourchassé par les tueurs de Staline, « je mourrai avec une foi inébranlée dans l’avenir communiste ». C’est ce programme, le cœur de l’œuvre de Marx, qu’il s’agit aujourd’hui de perpétuer dans la classe ouvrière et de transmettre aux nouvelles générations.

Paul GALOIS