Fusions-acquisitions : derrière les opérations financières, les capitalistes attaquent

11 Avril 2018

Pendant que le gouvernement fait les poches aux retraités, aux chômeurs, aux handicapés, aux locataires des classes populaires, etc. , on entend relater avec enthousiasme les opérations financières des groupes capitalistes dans lesquelles des milliards, voire des dizaines de milliards s’échangent, à travers le jeu des fusions-acquisitions.

Les derniers épisodes concernent le groupe français Thales qui veut mettre la main sur Gemalto, une opération où 4,6 milliards de valorisation sont attendus pour les actionnaires. D’autres grandes sociétés sont lancées dans de telles opérations : Engie, ex-GDF-Suez, Danone ou encore Baccarat qui devrait tomber sous la coupe du fonds financier Fortune Fountain Capital. La fusion envisagée en une seule entité de Renault-Nissan-Mitsubishi devrait aboutir à une valorisation de 8 milliards d’euros pour les actionnaires.

Tout d’abord, cela permet d’entrevoir les sommes énormes que ces groupes ont en réserve, comme ils disent, pour alimenter ce marché des bonnes affaires de fusions-acquisitions. Au niveau mondial, depuis cinq ans, le montant annuel de ces opérations n’est jamais descendu en dessous des 3 000 milliards, pour atteindre un record de 4 500 milliards en 2015 et pour rester proche des 4 000 milliards les années suivantes, soit dix fois le montant du budget de l’État français.

Mais tout cet argent ne vient pas de nulle part, il est tiré de l’exploitation forcenée de dizaines de milliers de travailleurs. Ce n’est pas simplement un jeu de Monopoly pour savoir qui aura la plus grosse entité. Il s’agit, une fois l’acquisition faite, d’augmenter la fortune de ces géants en réduisant par tous les moyens les coûts de production, c’est-à-dire en produisant plus avec moins de bras, par l’accélération des cadences, le développement des emplois précaires, les suppressions d’emplois et les licenciements. Les travailleurs de Baccarat, comme ceux de Thales, Renault ou Danone, comme beaucoup d’autres, sont sous cette menace.

Moins que jamais les travailleurs ne peuvent penser que l’amélioration de leur sort est liée aux bonnes affaires de leurs patrons. Les milliards de bénéfices, le renforcement de la fortune des capitalistes, sont le résultat de cette guerre sociale, qu’il faudra que les travailleurs entament à leur tour, sur leurs propres objectifs.

Paul SOREL