Budget : la moisson est bonne pour les plus riches

17 Janvier 2018

Chaque semaine qui passe prouve que Macron n’a pas volé son titre de président des riches. Ce qui a été présenté comme un budget « au service du pouvoir d’achat des Français » n’est dans la réalité que la poursuite des cadeaux faits aux possédants.

Après avoir analysé dans le détail les réformes en cours, l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) en déduit que, « à eux seuls, les 5 % des ménages les plus aisés capteraient 42 % des gains », et ils verraient leurs revenus augmenter de 1,6 %. En revanche, les 5 % des ménages les plus modestes perdraient en moyenne 0,6 %, soit environ 60 euros sur l’année 2018.

Du côté des cadeaux, il y a la suppression de l’ISF, remplacé par une taxe sur le patrimoine immobilier qui exclut de taxer tout autre richesse, comme les placements financiers, les voitures ou yachts de luxe, etc. Le prélèvement forfaitaire unique de 30 %, ou flat tax, sur les valeurs mobilières, est lui aussi favorable aux plus gros revenus, de même que la baisse de l’impôt sur les sociétés, qu’il est prévu de ramener de 30 % actuellement à 25 % en 2025.

Les plus démunis, eux, ont eu droit à la baisse de cinq euros par mois de l’aide au logement, à la poursuite de la réduction des emplois aidés, qui vont passer de 310 000 actuellement à 200 000 en 2018, mettant plus de 100 000 personnes au chômage sans grand espoir de retrouver un travail. La CSG a augmenté pour les retraités qui ont plus de 1 200 euros de revenu, ce qui n’en fait pas des nantis comme la propagande gouvernementale voudrait le faire croire.

Mais il faut relativiser, dit le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, citant pour exemples les augmentations du tabac et de l’énergie. Ces dernières ne coûteraient finalement pas grand-chose aux ménages modestes… s’ils voulaient bien modifier leurs comportements et arrêter de fumer et de se chauffer !

Et puis, dès 2019, tout le monde devrait y gagner, prévoit l’OFCE qui joue les devins. L’écart entre riches et pauvres resterait cependant le même puisque les premiers devraient voir une hausse de 2,2 % de leur niveau de vie, mais qui serait de seulement 0,6 % pour les seconds. À condition toutefois que le gouvernement n’invente pas de nouvelles taxes venant pénaliser encore plus la population laborieuse.

Marianne LAMIRAL