Jacqueline Sauvage : après le mari, les juges

30 Novembre 2016

Le tribunal d’application des peines (TAP) de Melun a refusé, jeudi 24 novembre, la libération de Jacqueline Sauvage. Cette décision, prise la veille de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, sonne comme une provocation.

Jacqueline Sauvage a tué son mari en 2012, après avoir enduré 47 ans de violences. Deux de ses filles avaient été violées par leur père. Quant au fils, également martyrisé, il s’était suicidé la veille du meurtre. Les juges l’ont pourtant condamnée en 2014 à dix ans de prison, peine confirmée en 2015.

Cette décision révoltante a suscité une vague de protestations, en particulier une pétition de plus de 400 000 signatures. Mais François Hollande s’est contenté en janvier 2016 d’accorder une grâce partielle, permettant de solliciter immédiatement une libération conditionnelle. Cette demi-mesure lâche remettait donc à nouveau le sort de Jacqueline entre les mains des juges qui avaient pourtant déjà démontré leur parti pris.

Le TAP a rejeté une première fois en août 2016 la libération de Jacqueline Sauvage. Les juges ont osé affirmer qu’elle n’avait pas assez réfléchi à son acte et qu’elle ne se sentait pas assez coupable. Et c’est une sorte de chantage contre ses soutiens actifs, que d’affirmer que la médiatisation de cette affaire la maintenait dans un « discours de sur-victimisation », et empêchait donc sa libération anticipée !

Le comité de soutien de Jacqueline Sauvage a alors choisi de réduire son activité publique et d’annuler le rassemblement prévu le 10 septembre à Paris. Pourtant, le TAP a de nouveau refusé la libération le 24 novembre. La raison invoquée est la même : Jacqueline se considérerait comme une victime et elle n’aurait pas pris conscience de son crime. Le comité de soutien appelle donc logiquement à une mobilisation générale, qui a déjà marqué les manifestations de la journée du 25 novembre.

Face à la violence sexiste, à l’hypocrisie des milieux réactionnaires et à la complicité de la justice, il faut imposer la libération de Jacqueline Sauvage.

Camille LULLE