Guadeloupe : succès des grèves et mobilisations

30 Novembre 2016

En Guadeloupe, après un mois de grève, les employés de Pôle emploi ont repris le travail la tête haute. Ils ont gagné vingt-deux postes supplémentaires en CDD, dont quatre seront transformés en CDI après un an et quatre autres après deux ans. Ils ont obtenu aussi que la direction revienne sur le « tout numérique » qui favorise le manque d’embauche.

Ainsi, des chômeurs qui ne peuvent bénéficier d’Internet seront reçus par des conseillers. Certains cas d’employés victimes d’injustices flagrantes seront revus. Les grévistes, très minoritaires, mais aussi tous ceux qui n’ont pas fait grève, considèrent ces avancées comme une victoire. Mais elle n’est pas que matérielle. Elle est aussi morale face au mépris d’une direction qui a joué la montre et tout fait pour le pourrissement. Car ce fut aussi une grève pour la dignité

Par ailleurs, les agents hospitaliers du CHU de Pointe-à-Pitre-Abymes, après quinze jours de grève en novembre, ont obtenu la titularisation de 416 contractuels (sur 684), soit par intégration directe pour les catégories C, soit par concours. C’est une victoire quand on sait que la direction ne voulait accorder que soixante titularisations au début de la grève et toutes avec concours sur titre.

Les contractuels ont approuvé la proposition de créer un comité de grève, l’ont élu et l’ont fait fonctionner. Ils ont organisé, devant l’entrée, le service minimum en liaison avec les services. La police et la gendarmerie ont vainement tenté de briser la grève par une intervention sur le piquet. Aujourd’hui, un sentiment de victoire existe au CHU surtout pour les catégories les plus méprisées par la direction.

Enfin, les employés grévistes de la CASBT (communauté d’agglomération du sud Basse-Terre), transférés de l’ex-Générale des eaux (groupe Veolia), ont fait reculer la présidente de ce syndicat de communes. Lucette Michaux-Chevry a dû, face à leur détermination, leur réattribuer les 22 % de salaire auparavant amputés arbitrairement.

Quant au collectif des usagers de l’eau, il a obtenu que l’eau coule enfin dans les robinets dans certains quartiers de Capesterre-Belle-Eau. Pendant plusieurs jours ils avaient bloqué la route nationale. Ils avaient été rejoints par les travailleurs en grève de la CASBT et avaient tenu meeting plusieurs soirs de suite dans le centre de Capesterre-Belle-Eau, rassemblant parfois jusqu’à 400 personnes. Deux surpresseurs d’eau ont été placés aux endroits critiques.

Autant de mobilisations qui montrent que seule la lutte paie.

Pierre JEAN-CHRISTOPHE