Fonction publique : pas d'heures supplémentaires, des embauches !

11 Février 2009

Le gouvernement a présenté mercredi 4 février un projet de décret visant à supprimer tous les plafonds d'heures supplémentaires pour les 5,2 millions de travailleurs de la Fonction publique d'État, territoriale et hospitalière. Ceux-ci pourraient donc travailler jusqu'à 48 heures par semaine, limite imposée par une directive européenne sur le temps de travail.

On imagine ce que cela signifierait, à l'hôpital par exemple. Il n'est déjà pas rare que le personnel ne puisse quitter son service du fait de l'absence de relève et doive enchaîner un second au nom des nécessités du service et notamment la continuité des soins. Demain, si ce projet passe, ce sera encore pire et les conditions de travail, déjà difficiles du fait du manque criant de personnel, vont encore s'aggraver. Alors qu'il faudrait embaucher, les directions joueront sur ces heures supplémentaires pour régler au coup par coup les problèmes les plus urgents. De même à l'Éducation nationale où, alors que le ministre Darcos supprime des milliers de postes, l'administration pourra demander aux enseignants de faire des heures supplémentaires pour remplacer des collègues dans des classes surchargées.

Pour justifier son décret, le ministère de la Fonction publique explique que ces heures supplémentaires permettront « d'accroître le pouvoir d'achat qui en est issu ». C'est nous refaire le coup du « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy candidat à la présidentielle. Mais quand on sait qu'à l'hôpital, d'après le journal Les Échos, 1,2 million de jours et 7,6 millions d'heures supplémentaires sont en attente de payement, le slogan devient plutôt « travailler plus pour gagner peut-être plus tard... ».

Pour justifier son décret, le ministère explique qu'il « permettra de répondre avec plus de souplesse à des besoins très ponctuels ». Mais les besoins dans la Fonction publique ne sont pas ponctuels, mais chroniques. Parler de « souplesse » pour demander à travailler jusqu'à 48 heures alors qu'il y a des millions de chômeurs relève de la provocation !

Pour répondre aux besoins dans la Fonction publique, il faut revenir immédiatement sur les mesures de non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, et embaucher les centaines de milliers de personnes qui manquent cruellement.

Cédric DUVAL