Renault-Flins (Yvelines) : Travailler plus pour gagner moins13/01/20102010Journal/medias/journalnumero/images/2010/01/une2163.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Renault-Flins (Yvelines) : Travailler plus pour gagner moins

À Renault Flins, au fil des années, on travaille de plus en plus. On peut dire que, depuis que l'on est passé aux 35 heures, le temps de travail effectif - celui pendant lequel on produit - n'a cessé d'augmenter.

2009 a été le bouquet ! Alors que Renault, comme les autres constructeurs automobiles, ne cessait de pleurer sur son sort pour obtenir des subventions gouvernementales, à Flins l'horaire de travail a explosé.

Cela a été d'abord, chaque jour, 10 minutes de travail en plus par équipe par rapport au précédent horaire, qui était déjà le plus long de tous ceux que compte la panoplie de l'accord sur la « variabilité ». Cela veut dire une journée de 7 heures 50 auxquelles il faut ajouter les 40 minutes de temps de repas que la direction, elle, a décidé de sortir du calcul du temps de travail, mais qui en réalité en font partie ! Cela fait un total de 8 h 30, cinq fois par semaine, soit 42 h 30.

À cela s'ajoutent depuis quelque temps des samedis travaillés obligatoires. Avec un samedi, on en arrive à une semaine de près de 50 heures.

Dernière mesure en date, la direction a proposé une dérogation, acceptée par certains syndicats, pour prolonger l'horaire le plus long au-delà de ce qui était initialement prévu.

Quant aux congés, ils ont diminué par rapport à 2008 : il n'y a pas eu de semaine de congé à la Toussaint et les quatre jours de congés entre les fêtes de fin d'année représentaient moitié moins que d'habitude.

Le pire, c'est qu'en 2009, en ayant travaillé beaucoup plus longtemps, les travailleurs ont perdu de l'argent, 2 500 euros au minimum, suivant les catégories professionnelles, en raison de l'effondrement des diverses primes d'intéressement, de productivité, etc. Cela représente, pour les plus jeunes, une perte de deux mois de salaire et pour les autres un mois et demi.

Temps de travail en hausse, salaires en baisse : les patrons ont parfaitement compris le vrai sens du slogan gouvernemental.

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