Sollac (Dunkerque) : Insécurité au travail imposée19/07/20022002Journal/medias/journalnumero/images/2002/07/une1773.jpg.445x577_q85_box-0%2C104%2C1383%2C1896_crop_detail.jpg

Dans les entreprises

Sollac (Dunkerque) : Insécurité au travail imposée

Sollac-Dunkerque (7 000 travailleurs dont 2 500 sous-traitants) qui appartient au trust sidérurgique Arcelor, dont Francis Mer, actuel ministre des Finances, est vice-président, se présente volontiers comme une " entreprise citoyenne " dont le but est la sécurité dans le travail.

En fait, comme dans beaucoup d'entreprises, la direction fait le maximum pour que les accidents du travail ne soient pas déclarés et n'entraînent pas d'arrêt de travail, tout simplement parce que la cotisation de l'entreprise à la Sécurité sociale est déterminée en fonction du nombre des accidents avec arrêt de travail. Alors, pour réduire la cotisation, les pressions sont multiples sur chaque ouvrier accidenté. Tel chef dit à l'ouvrier que son fils ne sera pas pris en intérim s'il déclare l'accident. Ou bien un autre donne au blessé des médicaments pour lui éviter d'aller chez le médecin dans l'immédiat. Mais si quelques jours plus tard, il ne va pas mieux, le délai pour la déclaration de quarante-huit heures est passé...

Et même s'il y a déclaration, la direction fait tout pour que le travailleur accidenté vienne en " poste aménagé " à l'usine, quitte à ne rien faire, du moment qu'il n'est pas en arrêt de travail. Et comme cela ne suffit pas toujours, un chef de la sécurité a été jusqu'à falsifier une déclaration d'accident en effaçant au blanc la mention " lettre de réserve suit ", ce qui fait refuser la reconnaissance d'accident du travail par la Sécurité sociale. Ainsi en 2001, il y a eu 134 évacuations vers l'hôpital dont 19 par le SMUR, mais seulement trois accidents avec arrêt déclarés !

Sollac reporte aussi sur les salariés des entreprises extérieures les conditions de travail les plus difficiles et les plus dangereuses. Sollac clame son souci de la sécurité ! Mais la direction ferme les yeux sur les conséquences des conditions de travail dangereuses imposées par l'intermédiaire des entreprises sous-traitantes à des travailleurs souvent intérimaires. En mai 2001, Rudy Norbert, un ouvrier de 32 ans, de l'entreprise Mecapress, est mort d'épuisement après 21 heures de travail d'affilée.

Dans les entreprises sous-traitantes, les horaires au-delà de douze heures sont courants. C'est pourquoi, il y a encore plus d'accidents que pour les ouvriers de Sollac : deux fois plus d'évacuations vers l'hôpital en 2001 pour deux fois moins de travailleurs.

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