Vote du budget : les menaces de Lecornu14/01/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/01/P5-1_Liste_du_Medef_%C3%A0_Lecornu_OK_Lupo.jpg.420x236_q85_box-3%2C0%2C1020%2C572_crop_detail.jpg

Leur société

Vote du budget : les menaces de Lecornu

Est-ce en prévision de sa future reconversion que Sébastien Lecornu, le 9 janvier, s’est entraîné pour jouer à faire peur ? En tout cas, il en a hérissé plus d’un, parmi ses pairs, en évoquant la possible dissolution de l’Assemblée.

Illustration - les menaces de Lecornu

Pas contents du tout, les députés d’Horizons ont haussé le ton, rappelant au Premier ministre qu’« on ne légifère pas avec un pistolet sur la tempe ». Les amis de Bayrou ont interprété comme « une preuve de faiblesse » la sortie de Lecornu, et même les macronistes ont traité par le mépris sa « menace en papier ». Il n’empêche, aucun de ces partis n’avait envie de retourner devant les électeurs, en même temps que de tenter de garder leurs mairies, puisque, provocant jusqu’au bout, Lecornu avait avancé comme date possible celle des élections municipales pour la tenue d’élections législatives qui succéderaient à une dissolution de l’Assemblée.

Le petit jeu aura, au-delà des soutiens gouvernementaux, réveillé la vindicte de LFI et du RN, qui l’ont aussitôt pris au mot – à menace, menace et demie – et promis de voter la censure. Mais, venant au secours du Premier ministre, pardon, de la stabilité gouvernementale, le très responsable Parti socialiste a annoncé, par la voix d’Olivier Faure, qu’il ne s’associerait pas à ces trublions, en tout cas lors du vote, le 14 janvier, des motions de censure concernant le traité avec le Mercosur.

Reste un projet de budget qui revient devant les députés, après avoir été aggravé par les sénateurs, où se profilent des baisses de crédits pour tous les ministères sauf ceux de l’Armée, qui obtiendrait 6,7 milliards d’euros supplémentaires, de l’Intérieur avec 600 millions de plus et, péniblement, de la Justice qui n’aurait que 200 millions de plus. Ces messieurs-dames se proposent de trouver 12 milliards d’euros de recettes supplémentaires mais cela ne sera pas en prenant dans les coffres des milliardaires ni du grand patronat. Seule une version prétendument renforcée de l’impôt sur la fortune immobilière (l’IFI), qui ne touche les capitalistes qu’à la marge, est envisagée… En revanche, les attaques contre tous les services nécessaires à la population, dont les 4 000 suppressions programmées de postes d’enseignants, restent en tête de liste.

Après cela, peu importe aux classes populaires que ce projet de budget passe par le 49.3, par ordonnances, ou autrement : toutes ces attaques sont inacceptables.

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