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Leur société
Vie chère : les responsables et ceux qui paient
Les entreprises de la grande distribution ont commandité un cabinet d’expertise pour travailler sur les marges des multinationales de l’agroalimentaire. C’est un nouvel épisode de la guerre entre les géants de ces deux secteurs.
Un rapport du Sénat du mois de mai 2026 dénonçait les marges de la grande distribution. Celles-ci sont concentrées entre quatre groupes : Leclerc, Carrefour, Intermarché et Coopérative U, renforcés par leurs alliances à l’échelle internationale. Le rapport concluait que sur 100 euros de valeur alimentaire, 8 revenaient à l’agriculteur, 14 à l’industriel et 40 au distributeur. La grande distribution était accusée d’être responsable des difficultés de l’agroalimentaire, des licenciements, fermetures d’usines et de la vie chère.
À l’approche des négociations sur les prix qui commenceront au 1er décembre, la grande distribution contre-attaque. Le résultat de l’enquête d’expertise montre que les Nestlé, Danone et autres Coca-Cola affichent des marges nettes moyennes de 13 %, soit quatre fois plus que la moyenne du secteur, qui s’établit autour de 3,5 %. Elle a aussi révélé que, entre 2022 et 2025, ces multinationales ont redistribué 94 % de leur résultat après impôt à leurs actionnaires alors que ceux des groupes de la grande distribution ont touché entre 30 et 50 %.
Ces résultats financiers des multinationales agroalimentaires ne s’obtiennent pas uniquement par la politique de hausse des prix mais aussi par des attaques contre les salariés. Une autre étude récente expliquait que les 1 300 licenciements programmés dans l’agroalimentaire venaient majoritairement de groupes rentables.
La grande distribution mène le même genre de politique, avec les fusions de magasins et les cessions de surface.
Dans les mois qui viennent, il faudra sans doute s’attendre à d’autres péripéties dans cette guerre pour le partage du profit qui oppose industriels et distributeurs. Mais une chose est sûre : ces profits se feront au détriment des salariés et des consommateurs, qui paieront le prix fort.