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Dans les entreprises
Au technicentre de Périgueux, les sales résolutions du patron
Depuis quelque temps, le Technicentre Industriel de Périgueux croule sous les commandes. Dans cet atelier qui modernise des vieux trains et répare des pièces, ces dernières années ont été marquées par des réorganisations incessantes aux dépens des conditions de travail des cheminots.

Le travail en 2x8 s’est étendu, de nombreux ateliers ont été totalement réorganisés, les cadences augmentées, le « lean management », censé améliorer les performances de l’entreprise, et la sous-traitance se sont généralisés. La direction se glorifie d’embaucher mais, si l’effectif atteint aujourd’hui plus de 600 cheminots, la plupart des nouvelles embauches se font sous le statut d’intérimaire. Fin 2025, le tiers de l’effectif ouvrier en était constitué, et près de la moitié dans certaines équipes. Des intérimaires présents sur le site depuis des années finissent par se voir proposer un CDI... intérimaire !
À la reprise du travail après les fêtes et après les traditionnels vœux pour la nouvelle année, les chefs ont annoncé, sous prétexte d’une baisse de commandes, l’intention de mettre fin aux heures supplémentaires pour tout le monde. Actuellement, avec dix ans d’ancienneté, un cheminot du Technicentre gagne autour de 1 600 euros par mois et beaucoup comptaient sur ces revenus supplémentaires tellement les salaires ne permettent pas de faire face à la hausse du coût de la vie.
En même temps, les intérimaires ont appris de la direction que, sous le même prétexte, elle comptait baisser leur temps de travail. Jusque-là, ils travaillaient comme tous les autres cheminots 39 heures par semaine, ils passeraient donc à 35 heures. La suppression de ces quatre heures supplémentaires représenterait un manque à gagner de 200 à 300 euros par mois pour chaque intérimaire. La direction prétend, la main sur le cœur, qu’elle n’a pas le choix, qu’elle est obligée de baisser le temps de travail et les salaires des intérimaires pour ne pas licencier. Quand on sait que le seul atelier des Pièces réparables matériel a dégagé en 2024 1,5 million de bénéfice supplémentaire à celui initialement prévu, c’est l’hôpital qui se moque de la charité !
Il n’y a aucune raison que les intérimaires fassent les frais des aléas de la production. Même si celle-ci baisse, il y a largement assez de travail pour se le partager entre tous avec maintien intégral des salaires.