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Dans le monde
Syrie : la guerre encore et toujours
En Syrie, la guerre, qui n’a jamais vraiment cessé, a connu une nouvelle flambée en ce début janvier, cette fois dans les zones kurdes d’Alep, où les forces gouvernementales d’al-Charaa ont bombardé, puis pris d’assaut les quartiers d’Achrafieh puis de Cheikh Maqsoud.
Ces combats ont débuté le 6 janvier dans les bastions des milices kurdes des Forces démocratiques syriennes, les FDS. La deuxième grande ville du pays se trouve dans une zone aux mains des forces gouvernementales, et des rivalités de pouvoir entre les différentes forces y éclatent. En l’occurrence, l’ancien djihadiste qui prétend diriger à présent le pays, Ahmed al-Charaa, a tout mis en œuvre pour faire plier les forces kurdes de ces quartiers d’Alep, au moment où des négociations officielles étaient en cours pour les intégrer, au moindre coût, dans l’armée syrienne, si possible sans froisser l’État turc voisin.
La population a fait les frais de cette opération. Entre le 6 et le 11 janvier, 105 morts ont été dénombrés et des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées pour fuir les combats et les destructions. Des bâtiments, dont des mosquées, ont été ouverts par les autorités pour abriter les réfugiés dans cette rude période hivernale. D’autres ont été conduits en bus dans la zone du nord-est, toujours administrée par les FDS où des affrontements se préparent également, déplacements de pièces d’artillerie à l’appui.
Loin de préparer une paix que Trump prétend imposer… à coups de bombardements, les forces du premier pays impérialiste ont à nouveau bombardé la Syrie, le 10 janvier, « à grande échelle », selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient. Pour la deuxième fois, en réponse à l’attentat du 13 décembre attribué aux milices islamistes, les missiles américains ont été lancés sur « plusieurs cibles de l’État islamique (EI) à travers la Syrie ». Les forces du Pentagone ne veulent en effet pas abandonner le commode prétexte de la lutte contre l’EI aux impérialistes de second ordre, la Grande-Bretagne et la France, qui ont elles-mêmes bombardé des cibles en Syrie début janvier pour, a prétendu Macron, « éviter la résurgence de Daech ».
Même si le président al-Charaa, « un bon gars » selon Trump, a su se donner belle apparence, il n’a guère de monnaie d’échange à proposer à toutes les milices et forces armées qui s’accrochent à leur zone d’influence dans le pays. Après les Druzes et les Alaouites, ce sont des minorités kurdes qui viennent d’en faire les frais. Et la présence armée jusqu’aux dents des grandes puissances, à commencer par Israël et son commanditaire américain, reste une menace pour une population déjà affaiblie par des décennies de guerre.