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Leur société
Surendettement : l’explosion

Selon la Banque de France, le nombre de dossiers de surendettement, qui a atteint 148 000, a augmenté de 10 % pour la deuxième année consécutive. Cela illustre la plongée dans la pauvreté d’une partie croissante du monde du travail.
Ces dossiers sont déposés par des personnes dans l’incapacité de faire face à leur dette et jugées par un tribunal. Celui-ci peut autoriser un rééchelonnement ou, dans certains cas, l’annulation de la dette.
Selon un bénévole d’une association d’aide aux surendettés, « jusqu’à présent, on traitait surtout le surendettement par rapport aux crédits qu’on ne pouvait pas rembourser, mais ce qu’on remarque de plus en plus aujourd’hui est une difficulté à affronter les charges journalières, loyer, chauffage, gaz, électricité… » Une perte d’emploi, le départ à la retraite, ou un simple arrêt maladie se traduisent par une baisse du pouvoir d’achat et plongent bien souvent des travailleurs dans la spirale de l’endettement.
Un ancien cheminot, à la suite d’un arrêt maladie, a par exemple vu son salaire tomber à 1 300 euros net alors que sa femme et lui doivent rembourser 3 600 euros par mois. Ayant déposé un dossier, il explique ainsi cette situation : « La chute de salaire, on commence à prendre des crédits, c’est un cercle vicieux. On se dit, non, on ne va pas y arriver, donc on reprend un crédit, mais en fait, ça nous augmente notre taux d’endettement. » Et bon nombre de vautours financiers se nourrissent des taux usuraires qu’ils peuvent imposer aux personnes surendettées.
Le gouverneur de la Banque de France s’est dit « attentif à l’augmentation inattendue du nombre de dossiers », mais surtout parce qu’il doit « mobiliser des effectifs supplémentaires pour y faire face ».
Pour qu’une telle descente aux enfers soit impossible, le minimum serait que chaque travailleur puisse vivre dignement de son salaire ou de sa retraite.