- Accueil
- Lutte ouvrière n°3040
- Stellantis-Douvrin : le massacre des emplois continue
Dans les entreprises
Stellantis-Douvrin : le massacre des emplois continue
Après cinq années de mensonges, Stellantis ferme définitivement le site de Douvrin, l’ex-Française de mécanique, dans le Pas-de-Calais. Cette usine, qui existait depuis la fin des années soixante, a employé jusqu’à 6 300 salariés dans les années 2000 et a produit jusqu’à un million de moteurs thermiques par an.
En 2005 déjà, la fonderie avait fermé ses portes et, en 2013, Renault a retiré ses parts. Puis PSA, resté seul aux commandes, a fait passer l’usine de 3 500 à 1 800 salariés. En 2021, elle a été intégrée dans le groupe Stellantis, et son directeur, Carlos Tavares, avait programmé sa fermeture alors qu’elle comptait encore 1 500 salariés.
En prétendant préparer la transition électrique, Stellantis (allié à Total et Mercedes) a créé une usine de batteries, Automotive Cells Company (ACC), sur le site de Douvrin. Le groupe a empoché au passage plus de 1,3 milliard d’euros de subventions de l’État et des collectivités locales, et a mis la clé sous la porte de l’usine de moteurs thermiques, en faisant disparaître près de 2 000 emplois en cinq ans, intérimaires et sous-traitants compris.
Toutes les fabrications de moteurs à essence sont transférées en Pologne ou en Hongrie principalement, voire au Maroc, et celle du diesel en Lorraine, pour y exploiter encore plus les travailleurs avec des salaires ou des conditions de travail encore plus dégradés.
Seuls 315 salariés de l’ancienne usine ont pu rejoindre le site ACC. Beaucoup de ceux qui ont tenté de s’y faire embaucher ont essuyé un refus.
Des travailleurs, soutenus par la seule CGT, se sont mobilisés à plusieurs reprises pour exiger des garanties et rejeter en bloc tous les mensonges de la direction de Stellantis. La direction a dû lâcher des mesures spécifiques et des indemnités supplémentaires pour Douvrin, mais cela ne fait pas le compte, surtout au regard des 54 milliards de bénéfices que Stellantis a faits en quatre ans.
Si certains ont retrouvé du travail à quelques dizaines de kilomètres de chez eux, une bonne partie des embauchés se retrouvent sans travail aujourd’hui et ont choisi, par défaut, un congé mobilité indemnisé qui ressemble bien plus à l’antichambre du chômage qu’à une porte ouverte sur un véritable emploi.
Et tous les camarades intérimaires et sous-traitants, qui travaillaient pour certains depuis de nombreuses années, ont été mis à la porte, eux, sans aucune indemnité ni aucune proposition de reclassement de la part du groupe.
Vendredi 30 octobre, dernier jour de production, une cinquantaine de salariés s’étaient réunis une dernière fois devant l’usine. Le responsable CGT a exprimé le dégoût et la colère que tous ressentaient. Il a rappelé que le site de Poissy suivait déjà le même chemin et que celui de Valenciennes subira le même sort si la mobilisation des travailleurs ne l’empêche pas.
Les grands groupes industriels se mènent une guerre économique avec notre peau, en laminant nos emplois et en fermant des usines les unes après les autres.
Un appel à se mobiliser pour le 5 novembre a été lancé, certains avaient déjà en tête d’y participer.