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Royaume-Uni - Nigeria : accords contre les migrants
Les 18 et 19 mars, la visite d’État du président du Nigeria au Royaume-Uni a été l’occasion pour les ministres de l’Intérieur de ces deux pays de signer un accord qui va accélérer l’expulsion du territoire britannique des Nigérians sans papiers.
Si Starmer a fait du bruit autour de ce texte, qui cible les résidents nigérians, c’est d’abord pour des raisons électoralistes. Les sondages prédisent à son parti une déconfiture aux élections locales du 7 mai prochain. Starmer cherche donc – comme toujours depuis le retour du Labour Party aux affaires en juillet 2024 – à apparaître hostile à l’immigration afin d’attirer les électeurs du parti xénophobe Reform UK qui, lui, a le vent en poupe. En réalité, si la diaspora nigériane est importante au Royaume-Uni, les arrivées illégales depuis ce pays sont rares. En parallèle, un accord d’un autre genre a été conclu : 746 millions de livres sterling (presque un milliard de dollars) vont être investis dans les infrastructures de deux complexes portuaires de Lagos. Jamais l’agence UKEF, qui promeut les exportations de capitaux britanniques, n’avait garanti un investissement aussi élevé, qui va assurer à British Steel, par exemple, un contrat de 70 millions de livres. La ministre de l’Économie, Rachel Reeves, s’en est félicitée, même si un tiers seulement de la valeur totale des commandes sera passé à des entreprises britanniques, et que l’opération se fera sous l’égide d’un groupe américain, Citibank.
Charles III n’aura donc pas accueilli le président Bola Ahmed Tinubu au château de Windsor tout à fait pour rien. Et pendant que les profits rentreront dans les coffres-forts occidentaux, la population de l’ex-colonie britannique, entre absence des services publics les plus essentiels et crainte des bandes armées, continuera à payer le prix du pillage impérialiste.