Pas de quoi arrêter l’exploitation01/07/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/07/une_3022-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg2026-07-01

Leur société

Pas de quoi arrêter l’exploitation

« On ne peut pas arrêter la France à partir de 30o », a déclaré le ministre du Travail dans une interview du vendredi 26 juin. Parions que ladite interview a eu lieu dans un local climatisé.

La deuxième vague de canicule en était alors à son dixième jour, avec les conséquences dramatiques que l’on sait. Mais Jean-Pierre Farandou a quand même osé prétendre qu’« on a anticipé et pris les décisions pour faire face à cette canicule ». Les travailleurs exposés à des températures extrêmes sur les chantiers du bâtiment, dans les usines, les fonderies ou les bureaux transformés en saunas apprécieront ! Selon lui, l’idée de mettre en place une température maximale au-delà de laquelle il serait interdit de travailler « ne fonctionne pas » car « il faut assurer la continuité de l’activité du pays ». Et au journaliste qui a cité l’exemple des fonctionnaires des espaces verts qui ont continué à suer l’après-midi en plein cagnard, Farandou répond naturellement : « La responsabilité de la santé des travailleurs revient à l’employeur, qu’il soit privé ou public. » Cela a le mérite d’être clair : l’État-employeur a tous les droits et se comporte comme le reste du patronat. L’essentiel du propos de Farandou est bien que l’exploitation des salariés doit se poursuivre, quelles que soient les conditions météorologiques et les conséquences pour eux. Le ministre s’oppose donc à tout contrôle ou restriction des patrons et de leurs décisions.

La plupart des responsables politiques qui ont proposé des mesures contre la canicule partageaient cette préoccupation. C’est le cas du RN et de sa ridicule proposition de prêt à taux zéro pour l’installation de climatiseurs dans les logements, mais aussi des responsables de gauche qui n’imaginent des congés ou du chômage partiel qu’en restant dans le cadre de mesures payées par la population elle-même sous forme d’impôts ou d’augmentations de cotisations sociales.

Même pour ne pas crever de chaud au boulot, il faut se battre et contester leur soif de profits !

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