- Accueil
- Lutte ouvrière n°3002
- Procès du RN : la main dans le sac
Leur société
Procès du RN : la main dans le sac
Depuis mi-janvier se déroule la deuxième phase du procès, en appel, des assistants parlementaires du RN. Ce parti et deux douzaines de ses membres sont accusés d’avoir détourné 4,6 millions de fonds publics européens entre 2004 et 2016.

Après avoir, lors de la première phase du procès, crié au complot de la justice contre le FN devenu RN, Marine Le Pen et d’autres figures de ce parti ont ostensiblement changé de stratégie lors de l’appel. Leur argumentation, moins agressive mais plus hypocrite, tourne à présent autour du « c’était peut-être mal, mais nous ne savions pas comment tout cela fonctionnait ». Venant de l’avocate qu’est la fille de Le Pen, cela prête à rire !
Il y aurait de quoi rire aussi à lire les piteuses explications des « assistants parlementaires » en question pour justifier d’une activité réelle. Elles vont des revues de presse censées avoir été réalisées par le collaborateur de l’eurodéputé Nicolas Bay en 2014, mais rédigées en 2018, au calendrier prétendument annoté en 2015, mais acheté et livré lui aussi en 2018, après le début de l’enquête. Cet « emploi » aura coûté tout de même 39 000 euros au Parlement européen.
Un autre assistant n’a pu avancer comme argument que l’échange d’un seul SMS avec son député, Louis Aliot en l’occurrence, au sujet d’une galette des rois. Une autre, par ailleurs ex belle-sœur de Marine Le Pen, était censée travailler et résider quotidiennement à Bruxelles en tant qu’assistante accréditée, mais ne l’a jamais fait… avançant « des raisons personnelles ». Un autre encore a enchaîné les contrats d’assistant à Bruxelles pendant les dix années où il officiait à Saint-Cloud auprès de Jean-Marie Le Pen, grâce à son don d’ubiquité sans doute. Sommé de fournir des preuves de son prétendu travail, sa réponse vaut d’être citée : « Non, je n’ai rien conservé. J’ai changé de femme, j’ai changé de chien, j’ai changé d’ordinateur et de téléphone plusieurs fois. Je garde le moins de choses possible. »
Ce qui n’a pas changé, en revanche, c’est le refrain du parti de Le Pen et Bardella qui veut s’affirmer propre et au-dessus de toute corruption, même quand il est pris la main dans le pot de confiture. Un pot qu’ont déjà entamé ses collègues d’autres partis de la droite ou de la gauche parlementaires, des Cahuzac ou des Fillon, mieux placés ou plus rodés.