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Dans le monde
Préférence européenne : un mirage patronal
Le commissaire européen Stéphane Séjourné et 1 141 grands patrons européens ont lancé un appel à la « préférence européenne » dans les achats publics.
« Les Chinois ont le “made in China”, les Américains ont le “buy American”. […] Alors pourquoi pas nous ? » disent-ils. Et d’ajouter sans rire que « la concurrence internationale n’a jamais été aussi déloyale ». Il va de soi que les patrons considèrent comme déloyal tout ce qui n’avantage pas leurs affaires.
Les représentants de Sanofi, de Michelin, de Saint-Gobain, d’Air France, Bouygues, ou de Veolia signataires de la tribune, voudraient s’assurer un appui sonnant et trébuchant des instances européennes contre des concurrents plus puissants qu’eux. Ces grands groupes évoquent comme il se doit l’intérêt général. Le fait qu’ils aient supprimé des milliers d’emplois ces dernières années suffit à montrer qu’ils entendent par « intérêt général » avant tout celui des actionnaires.
Cet appel n’est cependant pas du goût de tous les grands patrons européens. Ceux qui sont surtout exportateurs redoutent en effet des mesures de rétorsion de la part de grandes puissances comme la Chine et les États-Unis. Le « made in Europe » reste donc un mirage tant les intérêts des multinationales des différents pays européens s’opposent entre eux. Mais dans tous les cas, les intérêts des travailleurs ne sont jamais de suivre ceux des patrons.