Pollution au cadmium : les capitalistes responsables et coupables01/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3009-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Pollution au cadmium : les capitalistes responsables et coupables

L’ANSES, l’Agence nationale de sécurité sanitaire, vient de lancer un cri d’alarme sur une pollution alimentaire massive par le cadmium. Il s’agit d’un métal lourd contenu dans les roches phosphatées utilisées pour fabriquer les engrais, et qui contamine massivement les végétaux environnants.

La campagne médiatique associée à cette alerte est toutefois particulièrement surprenante puisque, ne proposant pas de supprimer simplement la source du problème, elle invite la population… à ne plus manger toute une liste de produits contaminés d’usage très courants, parmi lesquels les pâtes et les céréales du petit-déjeuner ! On est en droit de se demander quelle autorité publique tire les ficelles d’une présentation aussi biaisée de la dénonciation du danger majeur que pose l’utilisation du cadmium, un danger pourtant repéré depuis très longtemps.

Sa toxicité est bien connue depuis le début du 20e siècle et l’apparition, dès 1910, de ce qu’on a appelé la maladie d’itaï-itaï (« aïe, aïe » en japonais), une grave pathologie osseuse et rénale déclenchée le long de la rivière Jinzù par le déversement de déchets d’une mine de zinc auquel le cadmium est naturellement associé. Dès le milieu du siècle, les analyses avaient conclu à la responsabilité du cadmium dans cette pathologie, car il diffusait dans les rizières et était consommé avec le riz.

Cela n’a pas empêché l’industrie d’en développer massivement l’utilisation, entre autre parce qu’il présente une résistance exceptionnelle à la corrosion tout en conservant une bonne souplesse. On se souvient aussi des batteries cadmium-nickel qui prédominaient dans les années 1990-2000, avant d’être peu à peu remplacées du fait de la toxicité du cadmium. L’industrie aéronautique et spatiale, mais aussi l’industrie nucléaire ou les cellules photovoltaïques ont été jusqu’à récemment de très grosses consommatrices de cadmium, et pour beaucoup le sont encore.

Or les dégâts sanitaires liés au cadmium chez les travailleurs qui y sont exposés sont absolument certains. Le cadmium est un des rares produits classés par les spécialistes internationaux comme cancérigène avéré du fait qu’il provoque notamment des cancers du poumon, mais aussi du sein, de la prostate, du rein. Une mention spéciale concerne les cancers du pancréas dont l’incidence, jusque-là rare, est en forte hausse depuis les années 2000, ce que les scientifiques attribuent en grande partie au cadmium qui s’accumule particulièrement dans cet organe.

Si des « taux maximaux » ont été établis par des institutions comme l’Union européenne, par exemple pour les engrais phosphatés, rien ne dit que cela aura le moindre impact sur le danger du cadmium. En effet, en l’absence de tout système physiologique d’élimination, ce métal s’accumule dans les organismes pollués sans jamais les quitter. Des petites quantités de cadmium ingérées de façon continue – dans une mine de phosphate, un champ ou sur une chaîne de galvanoplastie – vont évidemment faire exploser tous les seuils.

Le cadmium fait partie, au même titre que l’amiante, des scandales sanitaires liés au mépris des capitalistes pour les conséquences de leur course au profit, sur les travailleurs comme sur la population. Ce n’est pas en supprimant aux enfants les céréales du matin qu’on s’en affranchira, c’est en se débarrassant une fois pour toute de ce système capitaliste insensé et mortifère.

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