“Place nette XXL” : le spectacle avant tout27/03/20242024Journal/medias/journalnumero/images/2024/03/une_2904.jpg.445x577_q85_box-0%2C132%2C1383%2C1926_crop_detail.jpg

Leur société

“Place nette XXL” : le spectacle avant tout

L’opération “place nette XXL” inaugurée le 19 mars à Marseille par Macron lui-même, s’est poursuivie les 25 et 26 mars dans plusieurs villes, dont Roubaix avec le ministre de l’Intérieur Darmanin en vedette.

Il s’agirait, grâce à l’intervention simultanée de centaines de policiers, de faire place nette du commerce de stupéfiants dans les quartiers où il se pratique au vu de tous. Mais les habitants de ces quartiers, c’est-à-dire avant tout des familles de travailleurs, savent pertinemment, pour l’avoir déjà vécu, que ces opérations policières n’ont aucune efficacité. Le lendemain, les dealers ou ceux qui les remplacent sont à leur poste.

Même certains policiers spécialisés dans la lutte contre les trafiquants ont fait des confidences aux journalistes et doutent de l’efficacité de la méthode. « Place nette » a certes permis de saisir quelques dizaines de kilos de stupéfiants et quelques centaines de milliers d’euros, en déployant des centaines de policiers durant quelques heures. Mais, disent ces policiers, en une seule opération dans un port ou chez un grossiste repéré par une longue et discrète enquête, des tonnes de drogue peuvent être saisies, pour des valeurs se chiffrant en millions d’euros. Mais c’est évidemment moins spectaculaire, on ne voit ni Macron ni Darmanin sur la photo, les journaux télévisés ne peuvent pas montrer de policiers en escadrille fondant sur les quartiers maudits.

« Place nette » ressemble donc à une opération publicitaire préélectorale destinée à faire mousser le président et son ministre. La lutte contre le trafic et la pourriture qu’il engendre dans les quartiers populaires où se détaille la drogue et dans les ports par où elle passe attend donc. La vie des habitants de ces quartiers est d’ailleurs le cadet des soucis des gouvernants, tout au plus sont-ils intéressés par leur vote, et encore.

Quant à se battre pour un monde que des centaines de millions d’êtres humains n’auraient pas à fuir dans la drogue, l’alcool ou les médicaments, ce n’est pas du ressort des Macron et Darmanin. Eux, ils défendent celui où ils sont, aussi pourri soit-il.

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