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Leur société
Paris : encore une victime de violences policières
Jeudi 15 janvier en soirée, alors qu’il prenait l’air devant son foyer de travailleurs migrants, un Mauritanien, El Hacen Diarra, a été interpellé et tabassé par des policiers de la brigade territoriale de contact du 20e arrondissement de Paris.
L’homme est mort quelques heures plus tard dans les locaux du commissariat, n’ayant pu être réanimé suite à un malaise.
Alors que la violence envers un homme paisible était flagrante, il a quand même fallu attendre cinq jours pour qu’un juge d’instruction se penche sur les causes de sa mort. Ce délai a laissé largement le temps aux policiers de s’accorder sur une même version des faits. Selon eux, la victime « roulait un joint » et comme il se serait rebellé lorsqu’ils ont voulu l’arrêter, ils auraient été « contraints » d’utiliser un taser, ce qui l’avait fait chuter en entraînant deux policiers. Et comme si ces accusations ne suffisaient pas, la police y a ajouté la détention de faux documents administratifs et d’une « matière brunâtre s’apparentant à du cannabis. » Quant à l’autopsie qui a eu lieu, elle n’aurait pas apporté de « certitude sur la causalité du décès. »
Or une vidéo filmée par des voisins lors de son arrestation donne une tout autre version : on y voit deux policiers donnant des coups de poing à l’homme tombé au sol, qui demande à ses agresseurs de ne pas l’étrangler ; d’autre part, des témoins ont vu « une mare de sang sur les lieux de l’interpellation ». L’IGPN a fini par être saisie pour enquêter, mais pour l’instant, les policiers responsables de ce crime ne sont ni suspendus de leurs fonctions ni séparés.
Un rassemblement, qui a eu lieu dimanche 18 janvier dans le 20e arrondissement pour demander que la justice soit faite, a réuni plusieurs centaines de personnes.