Les ouvriers de la viande en grève01/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3009-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Les ouvriers de la viande en grève

À Greeley, au Colorado, la plus grande usine de conditionnement de viande des États-Unis est en grève depuis le 16 mars.

Cette usine, qui comprend un abattoir, de la découpe, du conditionnement et de l’expédition, appartient à JBS, un groupe brésilien, leader dans la viande aux États-Unis. JBS contrôle le marché, conjointement avec trois autres grandes entreprises. Ensemble, elles sont responsables de la hausse considérable des prix que les consommateurs constatent dans les magasins en achetant de la viande.

Les 2 milliards de dollars de bénéfice de JBS en 2025 – en hausse de 24 % sur l’année précédente – viennent aussi de l’exploitation des salariés. Les 3 800 ouvriers de Greeley savent ce que c’est de travailler avec des outils tranchants, en sous-effectifs et avec des cadences rapides imposées par une direction qui a déjà licencié ceux qui protestaient.

Kim Cordova, déléguée syndicale, l’explique : « Peu de gens veulent faire ce travail dangereux. Le patron emploie donc une main-d’œuvre vulnérable, beaucoup de migrants, des réfugiés ». JBS en profite pour faire payer par les travailleurs eux-mêmes l’achat de leurs équipements individuels de sécurité, entre autres les gants anticoupures.

Cette exploitation a poussé les travailleurs à suivre le mot d’ordre de grève du syndicat, qui revendique un contrat de travail collectif incluant une augmentation de salaire, une meilleure protection sociale, le paiement des équipements de sécurité par le patron et le retour des licenciés.

Dans cette usine où 90 % des ouvriers n’ont pas la nationalité américaine – presque toute l’équipe de nuit est haïtienne – la police de l’immigration, ICE, est venue intimider les travailleurs au moment où ils se rassemblaient. Toutefois 98 % ont voté en faveur de la grève.

Selon Cordova, « la grève est une question de vie ou de mort pour eux ». Elle ajoute : « 50 langues sont parlées dans cette usine. JBS espérait que les travailleurs ne pourraient pas échanger sur leurs salaires et leurs conditions de travail et qu’ils seraient divisés. Mais c’était sous-estimer les travailleurs, qui sont intelligents et forts ».

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