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Leur société
Nucléaire : des terroristes en complet-veston
Lundi 2 mars, au surlendemain de l’attaque américano-israélienne contre l’Iran, Macron prenait la parole dans la base des sous-marins de Crozon, pour vanter la force de dissuasion nucléaire française et promettre son renforcement.
Un cinquième sous-marin, capable de rester des mois en plongée et d’envoyer à tout moment des missiles 1 000 fois plus destructeurs que la bombe qui a rasé Hiroshima, va être mis en chantier. De nouvelles ogives nucléaires vont être fabriquées pour équiper navires et aéronefs. Des missiles à très longue portée seront mis au point et fabriqués en coopération avec d’autres puissances européennes. Enfin, une alliance de huit pays, dont l’Allemagne et la Grande-Bretagne, va coordonner sa défense antimissiles et profiter, si l’on ose dire, du bouclier nucléaire français. C’est peu de dire que Macron se place, à la suite du grand patron américain, dans la perspective d’un conflit généralisé, il anticipe le carnage par vitrification, programme la destruction massive, et a de plus la prétention de poser au chef de guerre européen.
Le verbiage sur la bombe faite pour ne pas être employée, car la terreur inspirerait le respect et conduirait à la paix, ne tient pas une seconde devant l’évidence. Les classes dominantes, leurs gouvernements et leurs états-majors ont utilisé et sont prêts à utiliser tous les moyens guerriers pour se partager le monde et maintenir leur domination. Au 20e siècle, ils l’ont déjà fait par deux fois, jusqu’à ce que les États-Unis rasent Hiroshima et Nagasaki en août 1945, à la fois pour tester leurs bombes en vraie grandeur et pour montrer leur puissance à la face du monde.
La perspective révoltante évoquée par Macron et inscrite dans toute la situation a le seul mérite d’être claire. On ne peut la refuser réellement qu’en luttant pour une révolution sociale qui en finisse avec le capitalisme ; sans cela, au-delà des discours de circonstance, de campagne ou de congrès, on accepte le monde tel qu’il est, et on en tire les conséquences ultimes y compris l’idée de dissuasion nucléaire. On constate sans surprise que l’ensemble des partis politiques de gouvernement, de LFI, Mélenchon en tête, jusqu’au RN, par la voix de Bardella, en passant par tous les Wauquiez, Retailleau, Attal, Faure et autres gibiers de moindre calibre, ont approuvé le discours de Macron, à quelques nuances près. Seul le PCF a émis une légère protestation : il veut non pas que la France partage sa superbe bombe avec l’Allemagne, mais qu’elle la garde pour elle…