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Leur société
Nestlé : le pouvoir de nuisance
Une enquête du 19 janvier a révélé que des parents attribuaient les problèmes de santé de leurs enfants à la consommation de lait infantile du groupe Nestlé. Le ministère de la Santé a également signalé qu’une investigation est en cours sur la mort d’un nourrisson ayant consommé du lait Guigoz.
La céréulide, une toxine produite par une bactérie, serait la responsable. Or c’est la présence de cette bactérie dans une usine française du groupe Nestlé qui a justifié le rappel, le 10 décembre, de plusieurs lots de lait infantile de marque Guigoz ou Nidal, puis un second rappel le 5 janvier dans plus de 60 pays.
Dès le début janvier, l’ONG Foodwatch a dénoncé le retard du groupe dans la décision de rappeler massivement ses produits. Aujourd’hui la cellule d’investigation de Radio France dénonce, elle aussi, cette décision tardive de Nestlé, qui a laissé passer dix jours entre la confirmation de la contamination et le rappel des lots suspectés de contamination, bloqués à l’usine mais restés chez les consommateurs faute d’annonce officielle.
Depuis le premier rappel dit « de précaution » selon le PDG de Nestlé, un nourrisson a dû être hospitalisé du 25 au 29 décembre atteint d’une grave infection des reins, d’autres ont présenté des symptômes digestifs sévères. Certains parents ont demandé l’analyse de leurs boîtes de lait mais un seul laboratoire est capable de détecter la toxine et les familles ne peuvent s’y adresser directement. Pourtant, dans plusieurs cas de contamination, l’analyse des prélèvements des produits suspects est obligatoire, selon la Direction générale de l’alimentation, comme le rappellent les journalistes de la cellule d’investigation.
Le PDG de Nestlé s’est confondu en excuses mais dit qu’il a fait au plus vite après la confirmation des tests et que les produits ont été retirés « dès que la traçabilité était complète, en coordination avec les autorités ».
De l’eau minérale au lait infantile, Nestlé n’en est pas à sa première affaire de sources ou de produits contaminés. Cela n’empêche pas les autorités de se montrer très compréhensives pour ce géant de l’alimentation.