Monaco : les riches gagnent leur paradis01/04/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/04/P11-2_Pape_%C3%A0_Monaco_ok_Lupo_GsLmEFe.jpg.420x236_q85_box-148%2C0%2C1216%2C600_crop_detail.jpg

Leur société

Monaco : les riches gagnent leur paradis

Samedi 29 mars, le pape Léon XIV s’est rendu à Monaco pour une visite express lors de laquelle il a invité les riches à prendre leurs responsabilités.

Illustration - les riches gagnent leur paradis

Le pape règne sur le Vatican, minuscule État d’une puissante et riche Église catholique. Le prince Albert et la princesse Charlène sont quant à eux souverains d’une principauté de 2 km², où le catholicisme est religion d’État, mais qui est avant tout un paradis pour milliardaires, connu pour ses largesses fiscales.

Le Rocher, comme on l’appelle, n’offre pas seulement un palais de conte de fée aux princes et princesses. C’est aussi un endroit à la « densité de richesse unique », selon les statistiques sur les revenus monégasques de 2025, qui comprend « plus de personnes fortunées au mètre carré que n’importe quel autre endroit sur terre ».

C’est donc au milieu des boutiques de luxe et d’appartements dont le prix se négocie autour des 70 000 euros au mètre carré, que le pape a fait son discours de paix et de justice sociale. Lucide, Léon XIV a expliqué que « vivre ici est un privilège » et a donc exhorté les riches à mettre leur fortune « au service du droit et de la justice » et même à balayer les « abîmes entre pauvres et riches ». Les têtes, couronnées ou non, ont applaudi et chacun a mis en avant ses bonnes œuvres et acquiescé aux « désirs de paix » bien évidemment mentionnés en fin de messe.

Au Moyen Âge, on gagnait son paradis et on rachetait ses péchés à l’église à coups « d’indulgences » dont le commerce fit la fortune du Vatican. Aujourd’hui, l’Église ne promet plus aux riches que la charité leur permettra de monter directement au ciel. Mais avoir sa fondation ou son association reste un bon moyen d’économiser sur ses impôts, tout en garantissant une justification morale au système d’exploitation et d’oppression à l’origine de « l’abîme » entre les fortunes.

Partager