Mohammed Harbi : une figure de la lutte du peuple algérien21/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_2999-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Mohammed Harbi : une figure de la lutte du peuple algérien

Mohammed Harbi, historien et militant ayant participé à la lutte du peuple algérien pour son émancipation, est décédé le 1er janvier.

Né en 1933, issu d’une famille de notables du Constantinois, il avait découvert les idées marxistes grâce à un professeur de son lycée. Marqué comme tous ceux de sa génération par les massacres du 8 mai 1945, il avait rejoint alors les rangs du MTLD, le mouvement nationaliste de Messali Hadj. Étudiant à Paris, Mohamed Harbi devint dirigeant de la fédération française du FLN, de 1954 à 1958, et côtoya des militants trotskystes. Par la suite, il devint un cadre du Gouvernement provisoire de la République algérienne et participa aux premières négociations des accords d’Évian.

Témoin de la guerre fratricide qui opposa le FLN au MNA de Messali Hadj, Mohammed Harbi vécut de l’intérieur les luttes de pouvoir qui firent d’Ahmed Ben Bella le premier président du nouvel État indépendant. Il devint son conseiller chargé d’encadrer le mouvement d’autogestion né dans les domaines agricoles laissés par les colons, une tâche qu’il accomplit assisté du militant trotskyste Michel Raptis, alias Pablo. Malheureusement cela entretenait aussi l’illusion que l’Algérie empruntait la voie du socialisme, alors qu’au même moment Ben Bella éliminait ses rivaux et mettait au pas le syndicat Union générale des travailleurs algériens, sous influence de militants communistes.

En 1965, après le coup d’État militaire de Boumédiène, Mohammed Harbi, critique de cette évolution, passa dans l’opposition au régime. Il fonda avec des militants du Parti communiste algérien et des militants de la gauche du FLN, l’Organisation de la résistance populaire. Aussitôt arrêté, il passa les sept années suivantes en prison puis en résidence surveillée, avant de réussir à s’évader et s’exiler en France.

Ses ouvrages, Aux origines du FLN, écrit en prison, et Le FLN, mirage et réalité, publié en 1981, alors interdits en Algérie, furent une révélation pour toute une génération d’Algériens, abreuvée d’un récit officiel mythifiant le rôle joué par le FLN durant la guerre d’indépendance. Son œuvre continue à nourrir la réflexion de ceux qui en Algérie veulent comprendre ce passé et comment changer l’avenir.

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