Métropole de Lille : les éboueurs en lutte31/12/20252025Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_2996-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1265%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Métropole de Lille : les éboueurs en lutte

Depuis le 22 décembre, les travailleurs de Deverra à Lille sont en grève reconductible. En effet, il y a trois ans que le petit requin familial Pizzorno/Devalle/Deverra a soufflé au gros requin Veolia/Esterra près de la moitié de la collecte des déchets ménagers de la Métropole.

Les grévistes dénoncent une situation devenue intenable : effectifs insuffisants, tournées toujours plus lourdes, cadences accrues, pénibilité physique ignorée, le tout pour des salaires qui ne suivent ni l’inflation ni l’explosion du coût de la vie. Ils revendiquent notamment une augmentation générale des salaires, une prime de fin d’année décente et de véritables moyens pour travailler dignement. En réponse, la direction n’a proposé qu’une aumône de 100 euros, insultante au regard des profits réalisés et de la pénibilité du travail.

Dès les premiers jours, la grève a été massivement suivie. Sur le site de Sequedin, cœur du dispositif, plus de 60 % des effectifs étaient en grève dès le 23 décembre, un chiffre qui est monté jusqu’à près de 95 % selon les grévistes, notamment lors des blocages du dépôt à l’aube. La démonstration est claire : quand les travailleurs s’arrêtent, tout s’arrête, car ce sont bien eux qui font tourner la machine. Sans eux, les camions restent à quai, les tournées ne partent pas, et les ordures s’accumulent rapidement dans les rues. En quelques jours, 20 % seulement des collectes ont pu être assurées, touchant jusqu’à 500 000 habitants de la Métropole. Une réalité que ni la direction ni les élus locaux ne peuvent masquer, malgré leurs discours hypocrites sur le « service public » et la « prise en otage de la population ».

Sur les piquets, la colère est profonde mais la détermination aussi. Beaucoup disent leur ras-le-bol d’être traités comme de simples rouages jetables. « On fait un boulot indispensable, mais on est payés comme si on ne valait rien », résume un gréviste. D’autres racontent la pression subie, les tentatives d’intimidation, les appels à « reprendre le travail » pendant que les dirigeants, eux, restent bien au chaud.

Quant aux dirigeants de la MEL (Métropole Européenne de Lille), ils se contentent d’appels creux au « dialogue », à la « responsabilité » tout en laissant pourrir la situation. Les responsables politiques se réfugient derrière la gestion privée pour se défausser, alors que ce sont bien leurs choix qui organisent l’exploitation et la dégradation des services publics.

Cette grève rappelle une vérité fondamentale : ce ne sont ni les actionnaires, ni les directions, ni les élus qui font tourner la société, mais les travailleurs. Et quand ceux-ci relèvent la tête et s’organisent collectivement, ils montrent leur force. C’est le seul moyen pour eux, en rappelant que sans eux rien ne fonctionne, d’imposer le respect, et de défendre leurs conditions de vie.

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