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Leur société
Mercosur : valse-hésitation de Macron
Vendredi 9 janvier, la France a voté contre l’adoption du traité de libre-échange entre l’Union européenne et quatre pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay), qui doit supprimer progressivement plus de 90 % des droits de douane.
Pour justifier sa décision, Macron a dénoncé « un accord d’un autre âge, négocié depuis trop longtemps sur des bases trop anciennes ». Le même déclarait pourtant en novembre 2025 que ce traité était « plutôt positif ». En quelques semaines, cet accord a apparemment pris subitement un sérieux coup de vieux !
En fait, Macron a dû tenir compte de la mobilisation des agriculteurs qui ont continué leurs opérations de blocages de routes et de certains dépôts d’essence. Le traité a été adopté puisque les pays qui s’y opposaient n’étaient pas suffisamment nombreux pour constituer une minorité de blocage.
Les valses-hésitations de Macron s’expliquent par le fait qu’une partie importante des capitalistes trouve intérêt à la signature de ce traité, Ainsi, les industriels du secteur de l’automobile (Stellantis, Renault), de l’aéronautique (Airbus, Safran, etc.), des produits de luxe et des spiritueux (LVMH, Castel, etc.), de l’agroalimentaire (Danone, Lactalis, etc.) y voient des perspectives de nouveaux marchés et de nouvelles sources de profit.
Une grande partie des paysans, notamment les éleveurs, craignent que ce traité les expose à une concurrence à laquelle ils ne pourront pas faire face. Mais leurs difficultés financières n’ont pas commencé avec ce traité. Ces trente derniers années, des centaines de milliers de paysans ont ainsi mis la clé sous la porte, non par la faute du libre-échange ou du protectionnisme, mais du fait de la dictature du grand patronat sur toute la société. Les petits paysans sont écrasés par les capitalistes de la grande distribution, de l’agroalimentaire, de la chimie et des banques, à commencer par ceux de leur pays. Et aucun gouvernement ne protégera les plus petits agriculteurs de la concurrence des plus gros, dont une partie sont bien français. C’est la loi de la jungle capitaliste qu’il faut combattre !