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Leur société
Logement : encore une loi contre les plus pauvres
Depuis le 13 janvier, le Sénat examine une proposition de loi sur le logement proposée par l’élue Les Républicains des Alpes-Maritimes Élisabeth Estrosi-Sassone, ex-adjointe au logement à la municipalité de Nice, un texte qui s’en prend aux plus pauvres.
Son projet propose d’assouplir l’obligation faite aux villes d’accueillir au moins 25 % de logements sociaux, notamment en intégrant dans cette catégorie des logements seulement accessibles financièrement à des cadres supérieurs, et d’ôter aux préfets les moyens d’agir à la place des maires récalcitrants. Or, précisément, Nice compte le nombre de logements sociaux le plus bas parmi les villes de plus de 100 000 habitants. Selon un rapport de 2023, sa municipalité, dirigée par un certain Christian Estrosi, se fait fort de n’avoir financé que 1 488 logements dits sociaux en trois ans, dont seulement 13 % avec des loyers dans la catégorie la plus basse, loin des 11 034 prévus pour rattraper très progressivement le retard.
Dans la proposition de la sénatrice, il est aussi question de donner aux maires davantage de poids dans l’attribution des logements sociaux, un pouvoir que certains d’entre eux utilisent déjà pour écarter les plus pauvres, même celles et ceux reconnus prioritaires par la loi Dalo (droit au logement opposable). Enfin des centaines de milliers de personnes pourraient être expulsées directement sur ordre du préfet, sans aucun jugement, dès lors qu’elles seraient en difficulté de paiement pour leur logement et n’auraient pas un bail de location classique, étant en sous-location ou résidant en hôtel ou en foyer.
Pour faire bonne mesure, la proposition de loi est dotée d’un volet prévoyant une augmentation des constructions de logements, y compris sociaux, et la suppression progressive de la ponction de l’État sur les finances des HLM.
Or, quelles que soient les péripéties que réserve encore le débat budgétaire à l’Assemblée, il n’est pas question de mettre suffisamment d’argent pour résorber réellement la pénurie de logements. Les mesures frappant les plus pauvres, elles, ne coûtent rien.