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Dans les entreprises
Livreurs de repas : pas deliveroo de l’exploitation !
Plusieurs associations, dont Médecins du monde, ont mené une enquête sur la santé des livreurs à vélo. Le constat montre une exploitation accrue et des conséquences sanitaires catastrophiques.

Ces travailleurs obligés de passer par des plateformes en tant qu’auto-entrepreneurs sont à 99 % des hommes nés à l’étranger. Et près de 70 % n’ont pas de titre de séjour. Les plateformes comme Deliveroo et Uber Eats profitent de cette situation pour les exploiter au maximum. L’inscription sur la plateforme est payante. Les travailleurs sans papiers, qui donc ne peuvent légalement pas travailler, doivent s’inscrire sur le compte d’un prête-nom «en règle», qui leur fait payer un «loyer». Résultat, malgré 63 heures de travail par semaine en moyenne, ils n’arrivent pas toujours à gagner 1 000 euros par mois. Les profits engendrés par leurs courses sont accaparés par ces capitalistes qui font semblant de croire que les livreurs ne sont que des étudiants qui arrondissent leurs fins de mois.
Cette exploitation acharnée, la mise en concurrence entre les livreurs et cette dépendance des algorithmes des plateformes causent aussi des troubles de santé importants. Plus de la moitié de ces livreurs ont eu des accidents, et/ou souffrent de troubles musculosquelettiques. La peur d’être dénoncé, celle de perdre leur gagne-pain engendrent des troubles du sommeil, des dépressions. Et bien entendu l’accès aux soins leur est limité, faute de temps, de moyens ou de papiers.
Ils sont à la merci des plateformes mais aussi des restaurants qui par exemple leur interdisent l’accès aux toilettes. Ils sont maltraités par des clients et peuvent subir le chantage des loueurs de comptes, des petits margoulins qui profitent de la situation des travailleurs sans papiers.
Les premiers responsables de cette situation catastrophique sont les patrons du secteur. Mais les politiciens qui s’acharnent contre les travailleurs sans papiers, qui multiplient les lois entravant leur régularisation les condamnent à rester sous la coupe de leurs exploiteurs.