Liban : le chaos et une guerre sans issue01/04/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/04/P16-1_Immeuble_bombard%C3%A9_%C3%A0_Beyrouth_le_31_mars_C_Fadel_Itani_AFP.jpg.420x236_q85_box-0%2C82%2C799%2C532_crop_detail.jpg

Dans le monde

Liban : le chaos et une guerre sans issue

Un mois après le déclenchement de la guerre de Trump et Netanyahou au Moyen-Orient, le Liban est plongé dans le chaos. Dans un pays qui compte près de six millions d’habitants, on déplorait à la fin mars plus de 1 250 morts et 3 680 blessés.

Illustration - le chaos et une guerre sans issue

L’armée israélienne transpose au Liban les méthodes de guerre qu’elle a éprouvées à Gaza : bombardements intensifs, déplacement d’un million de Libanais dont 350 000 enfants, destruction d’infrastructures et d’habitations pour empêcher le retour des habitants. Les ambulances, les professionnels de santé sont pris pour cibles et « le pire est à venir » a menacé le porte-parole de « Tsahal », l’armée israélienne.

Pendant que les bombardements se poursuivent sans répit sur la banlieue sud de Beyrouth et dans le sud du pays, des troupes israéliennes s’y infiltrent. Leur progression est freinée par la riposte du Hezbollah, mais 100 000 réservistes ont été massés, qui s’apprêteraient à occuper durablement une zone d’une profondeur de 30 km entre à la frontière et le fleuve Litani. Au prétexte de briser la logistique du Hezbollah, l’armée israélienne a déjà détruit cinq ponts sur ce fleuve de façon à isoler la région du reste du pays.

L’éradication du Hezbollah est le prétexte brandi par Israël pour établir cette zone tampon au sud du Liban. L’objectif est visiblement de l’occuper de façon durable, et peut-être d’y installer des colons qui pourraient en exploiter les meilleures terres, en profitant de ses ressources hydriques.

Accusé d’avoir provoqué la réaction d’Israël par ses tirs de roquette au début de la guerre, le Hezbollah a subi les critiques jusqu’au sein de la communauté chiite où il est largement implanté. Mais plus le temps passe et plus il apparaît que l’offensive de l’armée israélienne était de toutes façons prévue et, même si le Hezbollah est loin de faire l’unanimité et si sa politique est critiquable, il retrouve du crédit en apparaissant comme le seul capable de s’opposer à l’expansionnisme du voisin.

Le cessez-le-feu conclu en novembre 2024 n’a jamais été respecté par les forces israéliennes, et l’armée libanaise a toujours été hors d’état de riposter. Quant aux demandes de négociation faites par le président libanais, Joseph Aoun, les dirigeants israéliens les ont superbement ignorées. Même la Finul, la force d’interposition de l’ONU, présente dans le sud du pays depuis 1978, est incapable de se protéger de l’armée israélienne et trois casques bleus indonésiens viennent d’être tués. Israël n’hésite pas à bombarder des localités hors des zones chiites, en espérant que leur population, supposée soutenir le Hezbollah, sera rendue responsable de la situation par les autres communautés.

En fait, après la destruction de ses capacités militaires, le Hezbollah s’est adapté et réorganisé, adoptant une stratégie de guérilla. Pour vaincre celle-ci, l’armée israélienne devra engager de plus en plus d’hommes et risquer d’en perdre. Dix de ses soldats ont été tués depuis le début mars, alors que la lassitude augmente dans les rangs des réservistes israéliens massivement mobilisés sur plusieurs fronts depuis trente mois.

Le soutien à la guerre de la part de la majorité de le population israélienne a peut-être commencé à s’éroder. Et en effet elle ne pourra accepter éternellement de servir de chair à canon pour les objectifs colonialistes de son gouvernement et des va-t-en guerre d’extrême droite qui viennent de faire adopter la peine de mort pour les Palestiniens qui seront accusés de « terrorisme ». Elle ne peut non plus accepter de servir de masse de manœuvre à l’appui de la guerre de Trump.

L’offensive de Trump et de Netanyahou ne promet que souffrances et massacres aux peuples de la région. À la population israélienne elle ne promet rien d’autre qu’une guerre sans fin, qu’elle paiera de plus en plus cher.

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