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Leur société
LFI : nouvelle formule, vieux nationalisme
Dans la course électorale à la présidentielle, les petites phrases et les « nouveaux concepts » s’enchaînent, chaque prétendant essayant de se différencier de ses futurs concurrents. Du côté de Mélenchon et de LFI, parler de « nouvelle France » a suffi à déchaîner les accusations.

Au cours de plusieurs réunions publiques, Mélenchon a apostrophé les participants en demandant : « Qui, dans la salle, a un grand- parent étranger ? » pour souligner la diversité des origines des habitants du pays et se réjouir de cette « nouvelle France ». À droite et à l’extrême droite, on s’est ému devant cette « créolisation » revendiquée. Retailleau a décrété : « La nouvelle France, c’est la mort de la France ». Quant à ceux qui, à gauche, souhaitent obtenir un certificat de politiciens responsables et mesurés, ils se sont empressés de regretter les divisions qu’une telle définition pouvait nourrir : « Être président, c’est précisément vouloir réconcilier les deux visions de la France » affirme-t-on au PS.
Les travailleurs d’origine immigrée, confrontés à la montée des préjugés et du racisme, aux discours suggérant que leur couleur de peau ou leur religion font d’eux des criminels ou des terroristes en puissance, se sentent sans doute mieux représentés et compris par ceux qui vantent cette « nouvelle France ». Paul Vannier, dirigeant LFI, en fait d’ailleurs une ligne de démarcation politique : « Sur une barricade, il n’y a que deux côtés et on construit des camps ».
C’est indiscutable, mais la barricade ne sépare pas les tenants d’une « nouvelle France » et ceux d’une France plus rance ! Les dirigeants politiques savent d’ailleurs très bien passer d’un côté à l’autre, suivant le contexte et la démagogie électorale utile. Ainsi de Jacques Chirac qui, en 1991, parlait du « bruit et de l’odeur » des étrangers et qui, sept ans plus tard, devenu président, vantait les mérites de la « France black-blanc-beur » dans le sillage de la victoire de l’équipe de football au Mondial.
Les travailleurs viennent des quatre coins du monde et se retrouvent sur les mêmes chaînes de production, dans les hôpitaux, les transports et les services. Ce sont eux qui font tourner la société, qu’ils aient ou non la nationalité française, avec ou sans papiers.
Ce n’est pas la nouvelle France, c’est le camp des travailleurs, et c’est sur cette base qu’il peut se rassembler et défendre ses intérêts, à l’opposé du grand patronat et de ses représentants politiques, qui n’ont que la souveraineté ou les intérêts de la France à la bouche.