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Leur société
Jack Lang : l’enfant chéri de la gauche caviar
Le 6 février, la presse révélait que le nom de Jack Lang figurait des centaines de fois dans les dossiers de l’affaire Epstein. Puis on apprenait qu’il avait été en affaires avec le milliardaire condamné pour crimes sexuels.

L’ex-ministre de la Culture défendait alors « cet homme charmant » à qui il n’avait jamais « demandé un centime ».
De révélation en révélation, les affaires communes de ces messieurs sont apparues de plus en plus louches et Lang a été accusé de blanchiment de fraude fiscale. Après que l’accusé a dû démissionner de la présidence de l’Institut du monde arabe, la presse s’est montrée plus diserte sur sa carrière.
Libération et Le Monde, les deux quotidiens de la gauche bien-pensante, ont alors décrit cinquante ans de parasitisme de haut vol. Relais de Mitterrand dans le monde culturel depuis la fin des années 1970, puis inamovible ministre de la Culture sous deux septennats, cacique socialiste et éternel candidat à tous les honneurs, entremetteur stipendié des monarchies du Golfe, du roi du Maroc, de l’escroc Epstein et de quelques autres, Jack Lang menait grand train aux frais de qui voulait l’entretenir, à commencer par le Trésor public. Les quotidiens ont révélé, entre autres, qu’il ne payait jamais ses notes dans les restaurants et qu’il avait fait transformer la fonction bénévole de président de l’Institut du monde arabe en poste salarié, à 10 000 euros par mois. Ancien ministre de la République, socialiste bon teint, « homme de gauche », il faisait des affaires dans les paradis fiscaux et grugeait allègrement le fisc avec un milliardaire véreux. Il faut ajouter à cela le soutien constant et revendiqué à ceux de ses amis qui furent accusés qui de viol, qui de détournement de mineur, qui de pédophilie. Jack Lang, donc, d’après les journaux même qui ont exalté pendant des dizaines d’années ses « réalisations culturelles », ne payait jamais rien, se croyait tout permis et permettait tout à ceux de son milieu.
Bien évidemment ceux qui prennent leurs distances aujourd’hui savaient très bien de quoi et comment Lang vivait. Un certain nombre, les plus proches de la classe dirigeante, non seulement le savaient mais n’en étaient pas choqués, vivant et profitant exactement comme lui, avec le même mépris du bas peuple. Et voilà qu’un enchaînement politique malencontreux aux États-Unis a contraint la justice à publier les affaires criminelles d’Epstein. Pour éviter d’être seul dans le collimateur, Trump a préféré faire déverser tout l’égout, peut-être secrètement satisfait d’éclabousser au passage tout un milieu de petits nababs.
Sans cela Jack Lang aurait fini sa longue vie couvert d’honneurs, le monde des arts et du théâtre aurait fait une minute de silence à son décès, le festival de Cannes lui aurait dédié un prix et, pourquoi pas, on aurait baptisé des collèges de son nom glorieux. En toute bonne conscience des « décideurs » et des exploiteurs pour qui, de toute façon, rien ne saurait changer.