- Accueil
- Lutte ouvrière n°3009
- Israël : le terrorisme contre les Palestiniens
Dans le monde
Israël : le terrorisme contre les Palestiniens
Le 30 mars, en plus de décider une augmentation importante du budget militaire, le Parlement israélien, la Knesset, a adopté, par 62 voix contre 48, une loi prévoyant explicitement la peine de mort par pendaison de toute personne « qui cause intentionnellement la mort d’une [autre] dans le but de porter atteinte à un citoyen ou résident israélien, avec l’intention de mettre fin à l’existence de l’État d’Israël. »
Conçue pour cibler directement les Palestiniens – notamment les 9 300 prisonniers – et présentée par Ben Gvir, le ministre de l’Intérieur d’extrême droite, elle a été votée par le Premier ministre Netanyahou et fêtée, bouteille de champagne en main, par son promoteur. Si elle n’était pas annulée ou modifiée par la Cour suprême au motif de l’égalité devant le loi, cette loi d’apartheid instaurerait, selon l’Association pour les droits civils en Israël, qui dépose un recours, « une peine de mort quasi obligatoire » pour les Palestiniens de Cisjordanie traduits devant un tribunal militaire pour « terrorisme », à la différence des citoyens israéliens, fussent-ils coupables d’exactions. Ce vote revient à légitimer les attaques meurtrières, de plus en plus nombreuses et de plus en plus violentes, commises dans ce territoire par les colons d’extrême droite contre des habitants palestiniens, dans l’unique but de les terroriser, de les chasser de leurs villages, et d’imposer de facto une colonisation, voire une annexion, que le pouvoir officiel hésitait encore à soutenir officiellement.
Cette mesure était revendiquée depuis longtemps par l’extrême droite. Ben Gvir arborait un nœud coulant en guise de pin’s sur sa veste. Présentée comme conditionnant la coalition entre le Likoud de Netanyahou et les partis d’extrême droite proprement dits, cette loi pourrait permettre la survie politique du Premier ministre dans les élections à venir.
Netanyahou doit faire face à une opposition, y compris dans l’appareil dirigeant. Parmi ses opposants politiques, le leader de la droite modérée, Yaïr Lapid, a dénoncé « un coup de pub tordu qui exploite cyniquement la douleur et la colère légitimes des citoyens israéliens afin de mener à bien une manœuvre politique ». Par ailleurs, à la tête de l’État, de plus en plus de voix s’élèvent contre sa conduite de la guerre. Fait significatif, au sein de l’état-major, l’épuisement des soldats, le manque de réservistes, sont dénoncés, en particulier par son chef, le lieutenant-général Eyal Zamir qui a déclaré, le 26 mars, que l’armée était, selon lui, « proche de l’effondrement en raison de la grave pénurie d’effectifs ». Une attaque directe contre le Premier ministre qui tergiverse toujours pour faire voter une loi contraignant les ultra-religieux à faire leur service militaire, comme tous les Israéliens. Mais il s’agit aussi de l’expression d’une partie de l’opinion excédée par le soutien actif de Netanyahou et de sa bande à la colonisation des terres palestiniennes de Cisjordanie.
Des manifestations, avec quelques centaines de participants le 28 mars à Tel Aviv et à Haïfa, ont été violemment réprimées. Ces manifestants, très minoritaires, ont tenu, dans des conditions difficiles, à marquer leur opposition à la politique de guerre tous azimuts du gouvernement.