Iran : pour la population, le cauchemar continue01/04/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/04/une_3009-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Dans le monde

Iran : pour la population, le cauchemar continue

En Iran, la population continue de subir les bombardements des armées israélienne et américaine et leurs conséquences. Mais elle subit aussi la répression du pouvoir et l’inflation qui rendent la vie quotidienne de plus en plus précaire.

Il est impossible de prévoir les cibles des bombardements, s’il vaut mieux aller au travail ou rester chez soi. Les plus aisés se sont réfugiés dans leurs résidences secondaires, loin des grandes villes, où il y a déjà eu plusieurs milliers de morts et des dizaines de milliers de blessés. L’accès à Internet est coupé depuis le début de la guerre, et des coupures d’électricité touchent la capitale.

Face à l’incurie du régime qui n’a prévu ni sirènes, ni abris, c’est la solidarité entre habitants qui pare aux urgences immédiates. Pour retrouver des survivants, se nourrir ou trouver un hébergement quand on découvre son logement détruit au retour du travail, comme ce chauffeur de bus qui a perdu femme et enfant suite à une frappe sur son immeuble. Des affichettes proposent ici une chambre d’amis, là une distribution de repas. Un commerçant indiquait sur son épicerie : « Servez-vous, vous paierez après la guerre ».

La situation économique continue de s’aggraver. Aux pénuries liées à la guerre qui conduisent par exemple des malades du cancer à être privés de chimiothérapie, s’ajoute l’inflation qui continue son envolée. Le gouvernement a annoncé le 15 mars une augmentation de 60 % du salaire minimum (qui passe de 103 à 166 millions de rials, soit 109 euros) et la création (encore !) d’un nouveau billet de 10 millions de rials. Pendant ce temps, les hauts dignitaires du régime et les hauts gradés des Gardiens de la révolution auraient placé leur fortune dans les cryptomonnaies.

La répression continue malgré la guerre, et fait suite aux massacres des 8 et 9 janvier pour réprimer les manifestations. Les biens des opposants sont confisqués. Des militants politiques emprisonnés depuis plusieurs années ont été pendus. Les arrestations sans motif sont légion et les prisonniers politiques déjà en captivité sont transférés vers des lieux inconnus sans prévenir leur famille. Les patrouilles des forces de répression sont omniprésentes. À Téhéran, le soir, les Gardiens de la révolution tirent sur les balcons d’où fusent des slogans contre le régime. Ils réquisitionnent des bâtiments pour s’y installer quand leur caserne est détruite, sans considération pour ceux qui les occupent. À Mashad, la responsable d’un centre pour jeunes handicapés a tenté de résister à la réquisition pour que le centre de santé puisse continuer à fonctionner, elle a été battue et arrêtée.

Ce sont aussi des illusions qui tombent : ceux qui espéraient une issue avec l’intervention américaine et prenaient le risque d’écrire sur les murs des graffitis appelant le président américain à leur secours, déchantent. Pas seulement parce qu’ils voient parfois leurs proches tomber sous les bombes, comme ce jeune qui a perdu une amie pharmacienne tuée par un missile au début de la guerre, alors qu’elle partait fêter la mort de Khamenei au cours d’un rodéo festif. Mais aussi parce qu’ils réalisent que le but des dirigeants impérialistes est de mettre la main sur la région et son pétrole, pas de libérer les peuples.

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