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- Lutte ouvrière n°3040
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À La Roche-sur-Yon, Cholet et Évreux

Les réunions animées par Nathalie Arthaud entre le 27 et le 30 octobre ont rassemblé des participants venus partager leurs préoccupations sur la façon d’élargir la mobilisation en cours, ainsi que leur colère après l’attentat de Trappes.
Parmi eux, plusieurs ont demandé ce que signifie « le camp des travailleurs » : « Je suis aidante, je voudrais travailler mais je ne peux pas. Nous, les aidants, on se sent exclus, à la marge. Est-ce qu’on peut se sentir quand même du camp des travailleurs ? » Une autre participante a demandé à Nathalie si elle considérait les chômeurs comme des travailleurs. « Vous dites que les travailleurs ont la force de faire reculer le patronat, mais personnellement, je ne participe pas à la production des profits », a déclaré une aide à domicile. Un agriculteur, solidaire des mobilisations et prêt à les soutenir en fournissant de la nourriture, a déclaré se sentir plutôt « dans le camp de la société ».
Oui, mais « la société » ne forme pas un tout, a répondu notre candidate : elle est divisée en classes sociales aux intérêts opposés. Qu’ils soient en activité ou à la retraite, qu’ils travaillent dans la production ou assurent d’autres tâches indispensables au fonctionnement de la société, tous les travailleurs appartiennent à une seule et même classe sociale, celle de ceux qui n’ont que leurs muscles et leur cerveau pour vivre. C’est justement ce qui les distingue des capitalistes.
La logique de rentabilité capitaliste marginalise effectivement des millions de travailleurs, notamment ceux qui doivent s’occuper d’un proche. Mais « les bourgeois, eux, ne se retrouvent pas aidants isolés, ils ont du personnel », comme ils en ont pour faire leur ménage, leur cuisine, faire leur déclaration d’impôts ou garder leurs enfants. Le « marché du travail », précisément parce que c’est un marché, exclut aussi ceux qui sont considérés comme invalides ou handicapés, alors que « tout le monde peut trouver sa place, tout le monde peut jouer un rôle dans la société ».
« La meilleure façon de ne pas se sentir isolé, c’est de nous aider à construire le parti qui manque au monde du travail », a affirmé Nathalie. Il faut un parti qui affirme l’unité des travailleurs et leurs intérêts communs, qui permette de partager les expériences, de se forger une conscience commune et de préparer les combats de demain.