Hausse des prix : un “ralentissement” peu visible21/01/20262026Journal/medias/journalarticle/images/2026/01/P7-2_Hausse_des_prix_Caddies_%C3%A0_vide_ok_Lupo.jpg.420x236_q85_box-0%2C0%2C1011%2C569_crop_detail.jpg

Leur société

Hausse des prix : un “ralentissement” peu visible

L’Insee vient de publier ses statistiques sur l’inflation et ses conséquences sur les prix. Le porte-monnaie des travailleurs parle bien plus clairement que ses évaluations.

Illustration - un “ralentissement” peu visible

L’institut parle de « ralentissement » des prix. À y bien regarder, il s’agit seulement d’un ralentissement… de la hausse. En effet, si par rapport aux sommets atteints les années précédentes, l’inflation officielle n’a été « que » de 0,9 % en moyenne en 2025, certains prix ont sérieusement entamé le budget des familles populaires.

Si la hausse des prix a touché les produits de luxe, gageons que ceux qui les consomment n’en ont pas été trop affectés. En revanche, l’augmentation des loyers, de la distribution d’eau et de l’enlèvement des ordures ménagères, en hausse de 2,5 % sur l’année, a pesé lourd sur un salaire de mère isolée. C’est bien plus encore le budget alimentation qui représente, pour une famille populaire avec plusieurs enfants, une grande partie des dépenses peu compressibles. Le site Marmiton a listé quelques produits dont le prix flambe, allant de la viande de bœuf à + 9,7 % dans l’année aux fruits surgelés à + 23,8 %, en passant par le chocolat à + 12,3 % et l’indispensable café du matin à + 17,8 % ! Et si l’Insee estime la hausse des prix de l’alimentation moins spectaculaire, c’est d’abord qu’il s’agit d’une moyenne générale, qui n’est pas à l’image de la consommation réelle. Et, additionnées sur plusieurs années successives, les « légères » hausses en forment une bien lourde !

Outre l’alimentation, l’Insee intègre dans son « ralentissement » la baisse du tarif de l’électricité (- 11,9 % sur l’année 2025). Hélas, celle-ci est loin de compenser les hausses successives, et pas même celle de 2024 (+ 15,7 %). Pour rester dans le domaine de l’énergie, le prix du gaz, lui, a grimpé de près de 10 %. Une autre dépense incontournable pour la plupart des travailleurs est celle des assurances, dont les prix augmentent d’année en année. Les hausses des tarifs des transports, quant à elles, ne peuvent pas être compensées par l’usage du vélo !

Le vrai problème est que les salaires et pensions n’ont pas suivi, loin de là. Un cabinet de conseil en ressources humaines a estimé à 2,5 % l’augmentation du budget consacré par les patrons aux salaires en 2025, et encore, il s’agit surtout d’augmentations individuelles, voire de primes qui peuvent s’évaporer au moindre prétexte. Le chômage, qui pousse à accepter des emplois peu ou mal rémunérés ou des horaires partiels, pèse également de tout son poids pour faire baisser ce que le patronat appelle le « coût » du travail.

Pendant que ceux qui produisent, emballent, livrent, transportent… calculent et s’endettent, ceux à qui leur travail rapporte s’enrichissent, sans même devoir quitter leurs paisibles villas. Cherchez l’erreur…

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