Handicap : payer pour être aidé21/01/20262026Journal/medias/journalnumero/images/2026/01/une_2999-c.jpg.445x577_q85_box-0%2C7%2C1262%2C1644_crop_detail.jpg

Leur société

Handicap : payer pour être aidé

Alors que neuf enfants porteurs de handicap sur dix ne bénéficient pas d’un AESH (accompagnant d’élève en situation de handicap), les parents démunis ont de plus en plus recours à des associations et paient entre 1 200 et 1 900 euros par mois selon le volume horaire.

Bien sûr, ce recours n’est pas à la portée de bien des parents. Mais ceux qui le peuvent finissent par se tourner vers ces associations par peur de voir leur enfant livré à lui-même ou, pire, poussé vers la déscolarisation. Les instituts spécialisés (les IME) qui scolarisent les enfants présentant un lourd handicap sont souvent saturés, en nombre insuffisant. Et des enfants qui mériteraient un accompagnement de tous les instants se retrouvent à l’école face à des enseignants désarmés.

En vantant l’école inclusive, le gouvernement prétend défendre la scolarisation systématique de tous les enfants handicapés. Et cela pourrait apparaître comme un progrès et un soulagement pour les parents, mais, de fait, dans ce domaine comme dans d’autres, il se contente de belles paroles, mais ne veut surtout pas mettre les moyens financiers nécessaires.

Dans le public, les AESH touchent en moyenne 900 euros par mois, un salaire qui ne permet pas de vivre. Ce sont principalement des femmes employées à temps partiel, qui ont parfois elles-mêmes des enfants handicapés. Nombre d’entre elles se forment toutes seules et quand elles finissent par créer un lien fort avec un enfant, le rectorat les déplace, sans jamais leur demander leur avis. Pour gérer la pénurie, elles sont souvent affectées à plusieurs établissements et doivent s’occuper de plusieurs enfants. Surtout, faute de budget, les rectorats n’en recrutent pas en nombre suffisant.

En obligeant des parents à payer pour un service indispensable, le gouvernement a transformé le handicap en un secteur rentable pour des organismes privés. C’est peut-être ce que Macron entendait lorsqu’il disait vouloir faire du handicap une grande cause nationale.

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