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Gaza : les Palestiniens continueront de mourir
Le 29 décembre, Netanyahou a été reçu en ami par Trump en Floride. À plus de 10 000 kilomètres de là, la guerre, le dénuement et l’hiver continuaient de tuer les habitants de Gaza en dépit du cessez-le-feu censé arrêter les attaques israéliennes.

La rencontre entre le chef du principal impérialisme et le représentant de son principal gendarme au Moyen-Orient, dans le luxe tapageur de la résidence présidentielle privée de Floride, semble avoir été prévue pour se conclure par un accord total. Le sujet pouvant prêter à dissension, la colonisation à outrance en Cisjordanie a été soigneusement évité. Trump a assorti ses compliments mielleux à Netanyahou de menaces à l’égard du Hamas. Ce dernier est averti : « S’ils ne désarment pas – comme ils ont accepté de le faire, ils l’ont accepté – alors ils devront payer le prix fort ! » Une porte-parole du gouvernement israélien a d’ailleurs réclamé la dernière dépouille d’otage, que le Hamas dit ne pas réussir à localiser.
Des menaces ont également été lancées contre l’Iran, Trump avertissant : « J’espère qu’ils ne sont pas encore en train d’essayer de se réarmer, parce que s’ils le font, nous n’aurons pas d’autre choix que d’éliminer très rapidement ce réarmement. » Là aussi, l’accord est total avec Netanyahou, dont les bombes ont déjà frappé le territoire iranien en juin, et récemment la ville d’Ispahan.
Le président américain s’impatiente en effet d’accrocher à son palmarès le lancement de la deuxième phase du cessez-le-feu d’octobre dernier. En fait de désarmement, le Hamas se dit prêt à accepter un « gel ou un stockage » des armes, tant que l’armée israélienne occuperait Gaza, ce qui est toujours le cas. Elle le fait sur une zone de plus en plus étendue. Les quelque deux millions de Gazaouis sont ainsi forcés de s’entasser dans les ruines et les camps à l’ouest de la « ligne jaune » qui marque la zone interdite aux Palestiniens.
Ladite ligne jaune, mouvante, avance d’ailleurs sans cesse vers l’ouest et n’est qu’un prétexte à des tirs mortels, qu’il s’agisse d’habitants tentant de récupérer quelques biens ou d’enfants jouant à proximité. Dans la zone autorisée depuis l’accord de cessez-le-feu, la vie des Palestiniens ne tient qu’à un fil. Le manque de nourriture et de médicaments, le froid hivernal et les inondations dues aux épisodes de pluies incessantes – le camp de Khan Younès est dans l’eau depuis le 28 décembre – tuent, aussi sûrement que les bombes et les obus. Dix-huit Gazaouis ont trouvé la mort mi-décembre à cause des intempéries. À Gaza, aller à l’école, se soigner, survivre est un combat.
Quant à Netanyahou, chef d’orchestre de cette guerre, sa préoccupation est d’échapper aux trois procédures judiciaires pour corruption qui le talonnent de plus en plus près, à défaut de cette grâce qu’il réclame à Isaac Herzog, le président d’Israël. Les élections dont il espère sortir encore une fois vainqueur sont en effet prévues pour octobre 2026, si toutefois le rejet dont le Premier ministre fait de plus en plus l’objet dans la population du pays ne pousse pas l’opposition politique à exiger leur anticipation. Continuer la guerre aux Palestiniens est pour Netanyahou, estime-t-il, son principal atout, dont il est prêt à se servir indéfiniment.