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Dans le monde
Gaza : le mythe de la reconstruction
La « phase 2 » du plan de Trump prétendant mettre fin à la guerre contre Gaza a débuté le 14 janvier. À la suite, le comité technocratique de « gouvernance » que le président américain a prévu pour administrer provisoirement et piloter la reconstruction du territoire, s’est réuni deux jours plus tard en Égypte.

Composé de quinze personnalités palestiniennes ayant l’heur de convenir au Conseil de la paix de Trump, et sous sa responsabilité, ce comité a pour l’instant plus ou moins reçu le soutien des responsables du Hamas et du Jihad islamique, depuis Gaza, et du Fatah depuis la Cisjordanie, lesquels se déclarent cependant inquiets sur la réalité de la reconstruction.
Pour la population, c’est plus que de l’inquiétude. L’aide humanitaire ne parvient que sporadiquement à des centaines de milliers de Gazaouis sans toit, sans chauffage, sans eau, sans nourriture et sans médicaments. Parmi les camions autorisés par le gouvernement israélien à acheminer de l’aide, la grande majorité est affrétée par des sociétés privées, et les besoins essentiels sont loin d’être couverts. Si l’on peut trouver des chips hors de prix, le lait infantile reste inaccessible.
Alors que le cessez-le-feu est censé être en place depuis octobre, des tirs ou des bombardements tuent des Palestiniens tous les jours, soi-disant en riposte à des tirs du Hamas ou du Jihad islamique. Le nombre de tués, 470, en témoigne : l’armée israélienne poursuit sa guerre. Elle occupe les points de passage, déplace chaque jour un peu plus la « ligne jaune », dont le franchissement et même l’approche sont interdites aux Gazaouis, en danger de mort. Même depuis le démarrage de la « deuxième phase » du plan de paix de Trump, 14 Gazaouis ont été tués près de Gaza-ville.
« Personne ne se soucie de nous », déclare un habitant depuis les ruines de Gaza-ville à des correspondants téléphoniques. « Le monde entier se réunit au Caire pour parler de Gaza, mais ils ne peuvent même pas y entrer ». D’ailleurs, outre le passage des informations, rien ou presque ne fonctionne à Gaza, ni les réseaux d’eau et d’électricité, à peine les hôpitaux, encore moins les écoles. Les menaces du gouvernement israélien, relayées et amplifiées par Trump, fonctionnent à plein. Le Hamas est sommé de rendre toutes les armes, alors que les troupes israéliennes, elles, sont présentes, armées jusqu’aux dents, et provocantes. La « force internationale de stabilisation » prévue dans le plan Trump et censée aider à sécuriser Gaza pendant la reconstruction apparaît comme une sinistre plaisanterie.
Quant au retrait de l’armée israélienne de Gaza, vaguement évoqué à terme dans le plan de Trump, il ne saurait en être question pour Netanyahou et l’extrême droite au gouvernement, qui continuent à écraser les Palestiniens sous leur talon de fer, condamnant aussi au passage la population israélienne à continuer à vivre en guerre permanente.